Disclaimer: Rien à moi (sauf le plot) et tout à JKR !

Ashtana3 a soulevé un point intéressant dans sa review du premier chapitre. « J'avoue qu'une Hermione soeur de severus me fait très envie, par contre je comprend pas trop pourquoi tu veux lui faire absorber des souvenirs en plus quand elle reviendra dans ce temps, je veux dire ces années elle les a passées dans le future mais elle les a vécus, pour le passé c'est comme si elle avait disparu, je ne vois pas trop le besoin de lui faire vivre un autre passé en plus. Car elle ne l'a pas vécu, donc pas oubliée, elle a juste vécu autre chose à la place. » Alors pour celles qui ont lu le premier chapitre avant que j'update, je vous invite à relire un petit passage vers la fin de la lettre de Dumbledore qui explique tout. L'avant-dernier paragraphe pour être précise. J'espère Ashtana que l'explication te conviendra. Ce chapitre est d'ailleurs pour toi en remerciement ^^


L'apparence de la potion n'était pas la seule chose étrange, le goût l'était tout autant. Non pas qu'il soit amer ou tout simplement ignoble comme certaines. Non. Elle avait un goût de souvenirs. Celui d'une barbe à papa lors d'une foire, de l'iode de l'océan, des champs de lavande du sud de la France ou encore des grimoires de la bibliothèque de Poudlard. C'était comme si tous ses souvenirs et d'autres qu'elle ne connaissait pas lui étaient revenus en mémoire en une seule gorgée. C'était difficile à expliquer et encore plus déroutant à vivre. Elle ne se sentit pas partir. Elle avait simplement eu soudain envie de fermer les yeux pour savourer ce déluge d'émotions et les avait tout aussi simplement rouvert et découvert un nouvel endroit. Elle avait tout bonnement disparu du recoin dans lequel elle s'était cachée pour réapparaître dans un endroit inconnu. Ou peut-être pas si inconnu que ça.

Le lit qu'elle occupait ressemblait à un cocon. Tout était blanc, sauf les rideaux de son lit ainsi que le couvre-lit, qui eux étaient bleu, comme un ciel d'été. Elle ne pouvait pas voir ce qui se passait en face d'elle ni à sa gauche car elle était dans un lit alcôve. Tournant sa tête sur la droite, elle constata qu'elle était dans une infirmerie. De ça, elle était sûre. Cependant celle-ci ne ressemblait en rien à celle de Poudlard. Les murs de chaux blanche remplaçaient ici les pierres de Poudlard. La pièce était occupée par une rangée de lits à rideaux qui occupaient le mur d'en face. Elle était haute de plafond et la charpente en coque de bateau inversée de ce dernier était apparente. Il devait y avoir une vingtaine de lits en tout en face d'elle et donc, si la pièce était symétrique, il devait y en avoir autant de son côté. Rien à voir avec les lits en fer de Poudlard. Le centre de la pièce était vide et permettait ainsi, certainement, au personnel médical de se déplacer librement. Quelques portraits et de nombreuses fleurs égayaient l'endroit. De hautes fenêtres laissaient passer la lumière et elle put ainsi admirer le ciel vide de nuage et dont la couleur rosée rappelait le goût de barbe à papa qu'elle avait senti plus tôt. Etait-ce l'aube ou le crépuscule qu'elle regardait ?

- Mlle Prince ! Vous nous avez fait une belle frayeur cet après-midi ! Lui dit une voix inconnue.

Elle n'avait pas vu l'homme s'approcher d'elle. Il devait avoir une soixante d'années, point de vue moldu – donc une centaine point de vue sorcier – et possédait la plus belle moustache qu'elle ait jamais vue ! Une moustache en crocs. Ce nom avait fusé sans qu'elle s'y attende. Elle savait ce que c'était car son grand-père possédait la même. Son grand-père Prince. Elle n'avait jamais connu ses grands-parents de son ancienne vie car ils étaient décédés, des deux côtés, avant qu'elle ne puisse s'en souvenir. Et aucun de ses grands-pères moldus ne portait la moustache. L'homme, certainement un médecin au vu de sa robe blanche, avait le regard doux et bienveillant et ses prunelles ambre pétillaient de malice. Ses cheveux poivre et sel donnaient du cachet à sa moustache blanche.

- Mlle Prince ?

- Veuillez me pardonner M. Bianchon. J'étais encore un peu sonnée.

- Il y a de quoi, après une pareille chute ! Vous serez heureuse d'apprendre que votre équipe à gagné la coupe de Quidditch de cette année.

Une nouvelle fois, l'information sortit de nulle part. Son « elle » de l'époque faisait du Quidditch. Bien. Super. La chute dont elle se souvenait permettrait peut-être de faire croire qu'elle ne voulait plus toucher à un balai. A moins que cette nouvelle facette de sa personne n'ai plus le vertige. Il faudrait qu'elle essaie. Nouveau fait bizarre, elle savait que M. Bianchon et elle avaient parlé en français. Il n'y avait qu'une école de sorcellerie prestigieuse en France. Beauxbâtons. Voilà donc pourquoi l'infirmerie lui faisait penser à l'Hôtel-Dieu de Beaune, qu'elle avait visité avec ses parents lors de son voyage en France précédent sa troisième année. Typiquement français. Beauxbâtons possédait aussi quatre maisons où l'on répartissait les élèves. Leurs noms venaient des Quatre Branches du Mabinogi, des récits médiévaux Celtiques : Pwyll était l'équivalent de Gryffondor, Branwenn celui de Serpentard, Manawydan pour Poufsouffle et Math rassemblait ceux qui auraient pu être des Serdaigles. Il va sans dire qu'ici aussi, elle était Gryffondor et donc fière d'appartenir à la Maison de Pwyll.

- Je suis heureuse que Pwyll ait remporté la coupe !

- J'ai expliqué à vos camarades que vous les verriez demain, pour le dîner d'adieu, l'informa le médecin. Votre grand-mère est venue suite à l'accident et souhaiterait vous voir. Prenez d'abord cette potion et dites-moi si vous vous sentez mieux.

Elle fit ce que lui indiquait le docteur et grimaça lorsqu'elle dut avaler l'horrible mixture bien qu'elle soit salvatrice pour le mal de tête qu'elle venait seulement de se découvrir.

- Nous avons trouvé cette coupure de journal dans un de vos gants quand Mlle Maude vous a déshabillée. Je vous laisse quelques minutes avant de faire entrer votre grand-mère.

Une coupure de journal ? Elle déplia le morceau de papier qui provenait de ce qui semblait être la rubrique signalant les naissances, mariages et décès du Daily Prophet. Elle scanna rapidement les différents noms mentionnés et tomba sur ce qui l'intéressait.

M. et Mme Tobias Snape vous annoncent la naissance de leurs enfants, Severus Tobias et Hermione Eilleen Snape.

Voici donc comment ses grands-parents avaient su que la fille qu'ils avaient reniée avait enfanté. Nouveau souvenir. C'est un hibou inconnu qui lui avait apporté une simple enveloppe contenant cette coupure. C'est ainsi que son « moi » d'alors avait appris qu'elle avait un frère. On ne peut pas penser aux mensonges de sa propre famille et aux cognards sillonnant le terrain en même temps, pensa-t-elle. Sa grand-mère avait dû être folle de rage en voyant que celle qui avait été sa fille avait osé lui donner le nom de son père ! Elle allait rencontrer sa grand-mère. L'image d'une femme à l'allure aristocratique lui vînt en mémoire. Des cheveux blancs et cotonneux relevés en un chignon haut et bouffant, un peu comme Mme de Bonnefamille, la vieille dame des Aristochats. En vérité, sa grand-mère aurait tout aussi bien pu passer pour elle. Même maintient, même coiffure et étonnamment, même doux sourire. Le tout en robe de sorcière due à son rang dans le cercle des Sang-Purs. Excellente étoffe, excellente coupe, brodée finement et avec goût.

- Hermione, mon enfant. Combien de fois t'ai-je répété que le Quidditch est un sport violent ?

- Autant de fois que je t'ai répondu qu'il était amusant, Nana.

Lorsqu'elle était uniquement avec ses grands-parents, elle pouvait les tutoyer et les appeler par leurs petits noms. Quand ils étaient en public par contre, ils se devaient de maintenir la mascarade qu'ils jouaient aux yeux du monde.

- Quelque chose ne va pas ? Demanda Aina Prince, en voyant le regard perdu qu'avait sa petite-fille.

- J'ai trouvé ceci il y a quelque temps, répondit Hermione en tendant la coupure de journal.

Sa grand-mère pâlit quand elle vit ce qui avait marqué Hermione.

- J'ai un frère Nana. Un frère qui, si j'en crois ce que tu m'as dis sur mes parents, vis une existence misérable !

- Je… Nous…

Sa grand-mère soupira.

- Cela faisait partie du contrat. Je ne pouvais obtenir ta garde que si Severus restait avec elle. J'ai toujours fais en sorte d'être là pour lui dans les moments difficiles avant sa rentrée à Poudlard. Sans qu'il ne sache que quelqu'un l'aidait, bien sûr. Ton frère est quelqu'un de très fier.

- Je veux le rencontrer Nana.

- Hermione…

- Non ! J'ai toujours suivi à la lettre ce que l'on attendait de moi et ce, sans jamais me plaindre. Je parle couramment anglais, français et italien. Je sais me tenir en société et parler comme il se doit aux différentes personnes que je pourrais rencontrer sans commettre d'impair, j'ai des notes parfaites dans toutes les matières et même en Quidditch, je suis une des meilleures – l'accident d'aujourd'hui mis à part. Je sais monter à cheval en amazone et tu sais aussi bien que moi qu'il n'y a rien de plus inconfortable ! Nana, je t'en prie, laisse-moi rencontrer mon frère et finir ma scolarité à Poudlard.

- Poudlard ? Voyons Mimi, tu ne vas tout de même pas changer d'établissement. Il n'y a jamais eu de transfert…

- Nana, je sais maintenant que si tu ne voulais pas que j'aille à Poudlard, c'était parce que Severus y était. Et en ce qui concerne ce transfert, je suis certaine que ton ami le Directeur n'y verra pas d'inconvénient.

- Laisse-moi en parler avec ton grand-père.

Hermione savait que son Popi accepterait. D'une part parce qu'il ne pouvait rien lui refuser – fait appuyé par un tout nouveau flot de souvenirs – et d'autre part parce qu'elle serait proche d'eux et sur le sol anglais. Elle passa quelques minutes de plus avec sa grand-mère et prétexta être fatiguée afin de pouvoir se concentrer sur tous les souvenirs qui l'assaillaient.

De nombreuses images la submergèrent quand elle ferma les yeux. Des robes de princesse, des excursions au cinéma en cachette avec Popi qui en secret appréciait le septième art, des jeux de Bavboules avec Nana, son elfe de maison Fluffy – on ne laisse pas une enfant de quatre ans obsédée par la guimauve nommer un elfe – ainsi que de nombreux voyages dans les communautés sorcières du monde. Tous ces souvenirs dépeignaient une enfance heureuse et libre. Même les nombreuses leçons de maintient et de diction, d'apprentissage des langues et autres choses qu'une jeune demoiselle de l'aristocratie sorcière devait connaître. La vérité sur ses parents qu'elle avait apprise pour ses dix ans. Ses thés obligatoires chaque premier mercredi du mois avec les Dames – Mme Londubat étant sa favorite – et les goûters avec les filles de ces dernières. Elle avait joué avec Andromeda qui, malgré ses années de plus qu'elle, passait volontiers du temps en sa compagnie – avant qu'elle ne soit reniée, bien sûr. Narcissa qui était une petite fille calme et gentille et l'odieuse Bellatrix, qui avait déjà – autant l'avouer – une case en moins. Consanguinité quand tu nous tiens ! Pensa Hermione avec un sourire en coin. Des déjeuners sur l'herbe avec ses grands-parents et leurs amis proches. Elle bloquait curieusement sur l'identité de ces derniers. Son subconscient était le seul maître à bord, c'était lui qui choisissait quand donner telle ou telle information, il prendrait donc le temps qu'il lui faudrait. Malheureusement.

Ce qu'elle savait c'était que Nana et Popi ne croyaient pas à la suprématie des Sangs-Purs. Pour eux, une vie était une vie. Peu importait qu'elle soit magique ou moldue. Qu'il s'agisse de Gobelins, de Centaures ou d'Elfes de maison. Chaque vie comptait. S'ils avaient renié leur fille, c'était tout simplement parce qu'elle s'était laissée envoûter par les charmes et les belles paroles de Tobias Snape et ils savaient qu'il ne voulait que leur argent. Aux yeux de tous, ils l'avaient déshéritée pour avoir épousé un moldu, aux leurs pour être devenue la marionnette d'un homme violent et menteur. L'orgueil de leur fille avait failli leur coûter leur petite-fille et ils en avaient perdu leur petit-fils. Papi Prince, Pollux ou Popi comme elle l'appelait, faisait parti de ces hommes forts et francs. Etant le second fils de sa famille, il avait choisi de porter le nom de sa femme, se fichant du quand dira-t-on. Il était auparavant un Lemaître, une des grandes familles sorcières Françaises. Il la faisait souvent rire en jouant avec sa moustache, lui donnant des formes absurdes et lui lisait des histoires quand elle était petite, en prenant des voix différentes pour chaque personnage. Nana, quand elle était à la maison – en famille – sentait toujours comme les différents biscuits qu'elle aimait confectionner. Cannelle, chocolat, vanille, sucre de canne… Elle passait des heures dans son jardin et encore plus à préparer des potions. Severus tenait certainement son don de Nana.

Oui, Hermione Eileen Prince avait passé une enfance heureuse et insouciante. Mais son doppelgänger, Hermione Jean Granger, l'avait rejointe maintenant. Elles étaient une seule Hermione à présent. Une seule jeune fille connaissant le futur qui attendait le monde sorcier et possédant les outils qui lui permettrait d'arrêter l'ascension de Tom Elvis Jedusor. Une seule jeune fille contre le mage noir le plus puissant qui existe. Elle avait de quoi faire et foi d'Hermione, Harry vivrait une enfance heureuse comme la sienne.


Voilà pour ce second chapitre ^^

Pol: J'espère que ce chapitre t'a plu, ainsi que la façon dont les souvenirs sont arrivés. Il y en aura d'autres bien sûr mais les plus importants du moment sont là. Merci de ta review :D

Merci à Shiroten d'avoir officié en temps que béta, t'assures chouquette ^^

Et surtout, merci à mes reviewer du premier chapitre. C'est vous qui m'avaient motivée et cette update rapide était pour vous remercier. Donc Merci ^^

J'espère en avoir autant pour ce chapitre ! :p

Next : Découverte de Beauxbâtons, rencontre d'un ami, discution avec Popi & Nana ainsi que Dumbledore. Plus une surprise !

Bisous