Les Adieux d'un voyageur.

Je gravis quelques mètres et me voilà sur un plateau secret. Plateau formé juste pour que nous soyons ensembles. Pour que, comme une mère, tu m'écoutes m'épancher sur mon pauvre sort d'homme atteint du mal du siècle.

Me voilà, Nature, en haut de cette majestueuse montagne, que de tes mains, tu as modelé. Qui suis-je face à toi ? Toi, tu arrives à peindre avec une palette de couleurs si différentes tes paysages, alors que dans mon cœur, tout est gris. Cette couleur est celle que je donne à l'ennui et la tristesse qui sont seuls compagnons.

Oh orgueilleuses perfections ! donnez à votre fidèle adepte un peu de votre harmonie, que toi, voyageur, je puisse vous peindre et remplir de nouvelles teintes à mon être.

J'entends chanter tes émissaires, ils ont fui l'hiver et ils reviennent annoncer le temps du muguet, le printemps. Les oiseaux sont des anges de la nature et je me félicite de pouvoir les entendre et le voir. Ils égaillent ma morne existence, ils congédient pour quelques temps, mes amis gris et me composent une à la joie retrouvée, m'incitent à te louer, Nature, pour tous tes charmes et toutes tes beautés.

Je te contemple, Merveilleuse, et me dis que jamais homme ne pourra t'égaler.

« Ecoute Nature, la plainte d'une simple humain dont la vie n'est animé que par l'ennui et la tristesse quine me quitteront pas ! » t'avais-je hurlé lors d'un long moment de pleurs dirigé par Tristesse.

Et tu pleuras avec moi de longues semaines. Les nuages incertains restèrent dans mon cœur jusqu'à ce que je reçoive ton appel.

« Homme, voici venir le froid hiver, ne restes pas sur tes terres, renouvelle toi par un voyage sans fin car l'heure de faire tes adieux au monde au monde n'est pas encore arrivée. ».

Alors je fis comme tes messagers ailés, Nature, je partis loin de le blanche couverture recouvrent mes terres et migrés vers une nouvelle contrée. De longues semaines, j'ai cherché l'endroit où tu désirais que nous nous trouvions, je désespérais de ne jamais te trouver, je fis souvent demi-tour, perdu. Perdu sur une route déserte et froide, paysage mort autour de moi. Jamais Ennui et Tristesse ne me tinrent meilleure compagnie…

Mais je suis parvenu à trouver l'objet de mes recherches. Oh Nature ! entends ma voix et regarde : le voyageur a trouvé sa destination ! Quand j'ai vu ces respectueux monts, j'ai su : comme l'oiseau reconnaissant son second perchoir, celui de l'ailleurs chaud et oriental. C'était là que je devais trouver mes nouveaux compères : Gaîté et Joie, mais ils ne sont pas encore revenus de leurs migrations.

Qu'importe, j'attendrai leur retour dans cette minuscule chaumière où je loge, là où celui qui sera mon héritier m'attend. Frodo, remède qui efficace pour congédier mes malheureux compagnons.

Te souviens-tu ? Nous nous promenions silencieusement pour te surprendre… Il n'était alors qu'un jeune hobbit.

En lui, je retrouve ta si pure beauté, ses cheveux d'ébène jalousant les terres volcaniques, ses yeux étant de majestueux lacs, tantôt orageux, tantôt doux et espiègles.

« Tristesse ! Ennui ! Partez loin de moi ! Je 'ai plus besoin de vous ! »

Ils me quittent, je le sens, je l'observe.

Nature, je trouve ton tableau changé, les nuages blanchissent et les monts se nacrent, le ciel prend une douce teinte bleutée.

Nature, je te contemple sereine. Est-ce parce que je le suis aussi ?