Pairing Drago Malefoy / Hermione Granger. _ Et oui, enfin... :P _ et y'a toujours quelques couples qui tentent de passer faire coucou d'temps en temps.

Genre Romance/Famille.

Rating T. -non, mais je vous jure, rien ne va plus... D'accord, je l'admets, ça finira par se changer en M.

Disclaimer Le monde & les personnages adultes appartiennent à J.K. Rowling. Je ne prends pas en compte l'épilogue du Tome 7.

Note de l'auteure Bonjour à tous ! Merci beaucoup beaucoup beaucoup pour tous vos reviews. J'avais juste totalement perdu l'habitude vu que mes dernières histoires n'étaient pas du Dramione (Que ceux qui ont pensé "Et elles donnaient envie de se pendre" filent se frapper la tête contre un mur en disant "Méchant Dobby Méchant". Immédiatement ! :P) Et merci à Loufoca, qui en plus de corriger -mais noooon Anaïa n'est pas totalement en mode BFF, je te jure... xD- s'occupe de me faire de la promo. Va falloir que je pense à la rémunérer. Genre en chocolats. Ou en Drago. (Les seules choses de valeur en ce monde cruel !). Bref, tout ça pour dire merci à tout le monde -et pis vous m'avez relancée dans l'écriture aussi alors que j'étais en mode page blanche depuis des semaines :D Alors je vous aime ! -mon dieu, quand j'en arrive aux déclarations d'amour, mieux vaut que je m'arrête... Bonne lecture !


Un Air de Famille

Chapitre 3


Chère Anaïa,

Je suis vraiment désolé que la journée se soit finie de cette façon. Mon père est parfois un peu bête, surtout face aux gens qu'il n'aime pas… J'espère juste que tu ne te baseras pas sur ce que tu as vu aujourd'hui pour te faire un avis sur moi ou sur lui. Mon père n'est pas juste un ancien Mangemort ou un ancien Serpentard –je sais que tu dois haïr cette maison. Il est aussi un père génial, vraiment! Et je ne dis pas ça juste parce que je suis son fils. J'espère qu'un jour, tu pourras te faire ta propre idée sur lui.

Mon père a vu ton message sur les livres et il me les a achetés. Il m'a même rendu mes gallions, alors je crois qu'il se sentait tout de même un peu coupable pour tout ce qu'il s'est passé.

Je voulais te remercier d'avoir pris ceux-là. Je les ai feuilletés et je n'aurais pas mieux choisi moi-même ! Je pourrais peut-être t'en prêter certains à Poudlard…

Comment as-tu appelé ton chat ? C'est un mâle ou une femelle ? Mon crapaud est un mâle et je l'ai appelé Aristote. C'est le nom d'un philosophe grec moldu et je trouve que mon Aristote a l'air assez malin pour mériter de s'appeler pareil !

J'espère que ta mère s'est remise de sa rencontre avec mon père, et qu'elle ne t'a pas trop dit de mal sur nous.

A très bientôt,

Kylian.

(Tu peux garder cette chouette pour me répondre, elle me retrouvera.)


Ky,

Je suis contente que tu m'ais écrit, j'ai cru que tu n'oserais pas le faire à cause de ton père… Ma mère m'a demandé qui m'envoyait une lettre et j'ai dû lui mentir. Je lui ai dit que c'était mon cousin Cameron (Il sera avec nous à Poudlard, tu verras, il est super !) Ce n'est pas que j'ai peur, mais elle avait l'air drôlement tourneboulée hier. Elle a même failli oublier d'aller travailler… Et si tu dois savoir quelque chose au sujet de ma mère, c'est que son travail est genre le truc le plus important du monde à ses yeux. Donc, c'est que ton père lui a vraiment fait quelque chose de super grave !

Bref, pas de quoi pour les livres ! J'adorerai te piquer « Pourquoi je ne suis pas mort quand l'Augurey a pleuré », c'est probablement l'un des seuls livres au monde que ma mère n'ait pas dans notre immense bibliothèque. Je rêve de la bibliothèque de Poudlard parfois ! Il paraît qu'on peut même y trouver des livres qui traitent de magie noire, t'imagines ?

Mon chat est une chatte et elle s'appelle désormais Shadow. C'est bizarre comme prénom pour un chat tout blanc pas vrai ? Et bien j'ai remarqué une petite tâche noire sur son ventre et ça m'a donné l'idée. Pas mal hein ?

Et je ne suis pas une inculte ! Bien sûr que je connais Aristote. Je suis la fille d'Hermione Granger, j'ai une liste interminable de choses à savoir pour en être digne.

Parlant de ça d'ailleurs… (Tu remarqueras que j'ai la subtilité d'une baleine échouée sur une toute petite plage.) Qu'est-ce que tu dois faire, toi, pour être un fils de Malefoy ? Et comment est ta mère ? C'est vrai que tu vis dans un château ? T'as une piscine ?

Bisous !

Ana


Kylian arracha presque le morceau de parchemin de la patte de sa chouette nommée Grisaille et la laissa ensuite s'envoler pour rejoindre la volière du jardin. Il se laissa retomber sur son lit avec un sourire et déplia la lettre qu'il venait de recevoir, pour la lire. Son regard défila sur les mots, et il s'esclaffa de malaise en lisant le fameux « bisous » que lui envoyait Anaïa. Seule une fille pouvait envoyer des bisous à un garçon, comme ça, comme si c'était normal, alors que lui n'aurait jamais osé faire de même.

Avec impatience, il se posta à son bureau, saisit un morceau de parchemin –s'il continuait comme ça, il devrait repartir sur le Chemin de Traverse avant la rentrée– et trempa sa plume dans son encrier. Il commençait à réfléchir à ce qu'il pouvait répondre à sa nouvelle correspondante, mais quelqu'un frappa à la porte de sa chambre, l'interrompant. Il se leva pour aller ouvrir et ne fut pas surpris de se retrouver face à son père. Seule sa tenue l'étonna. Drago Malefoy ne portait jamais de cravate. Jamais. Sauf…

« Tes grands-parents viennent nous rendre une petite visite surprise.

- Ah…

- Oui, comme tu dis. Tu peux te préparer ? Ils arrivent dans un petit quart d'heure. »

Ky acquiesça sans aucune motivation et Drago commença à tourner les talons pour lui laisser le temps de s'habiller en pingouin –comme les Malefoy aimaient voir leur petit-fils. Puis, alors que Ky s'apprêtait à fermer la porte, il se retourna en une petite pirouette mystérieuse. Ky haussa un sourcil interrogateur et Drago se racla la gorge, hésitant de toute évidence à poser la question qui lui brûlait les lèvres. Il craqua.

« Je sais que toi et moi, on a toujours bien respecté l'intimité de l'autre, commença-t-il avec l'impression d'être bien trop curieux pour son bien. Mais j'aimerai te poser une question…

- Vas-y.

- J'ai vu Grisaille ramener du courrier.

- Et la question, c'est quoi ? sourit Ky avec l'impression d'avoir le droit de torturer un petit peu son père trop indiscret.

- Qui est-ce qui t'écrit ? »

Ky fut réellement tenté de mentir, d'inventer une connaissance lointaine ou un proche comme Blaise Zabini –son parrain – qui se serait soudainement pris d'une passion pour l'écriture. Mais il n'avait jamais menti à son père, du moins pas franchement. Il avait omis certaines choses, comme ses balades au village pour s'offrir des livres ou ses peurs concernant son absence de ressemblance avec les autres membres de sa famille, mais il ne l'avait jamais regardé dans les yeux pour lui énoncer un mensonge. Il doutait même d'en être capable. Son visage fut marqué de quelques tâches roses, signe d'une gêne intense, et il bafouilla avec l'impression de faire une grosse bêtise :

« Anaïa. »

Il tenta de définir l'émotion qui se dessina sur les traits de son père, mais Drago –en excellent acteur– parvint à rester flegmatique. Dans son esprit, le prénom d'Anaïa et tout ce qu'il signifiait tourna quelques secondes avant qu'il ne soupire :

« C'est bien la fille Granger ?

-Bah… Oui.

-Une fille de Sang-de-Bourbe. »

Ky hocha la tête, même s'il rêvait de dire à son père que cette remarque était inutile et blessante et que lui-même se fichait totalement de la pureté du sang des gens. Drago sembla lire dans ses pensées car un petit rire le secoua. Il porta sa main à sa bouche et la passa sur ses lèvres, comme pour contrôler les mots qui allaient bientôt les franchir.

« Tu n'en parleras pas à tes grands-parents, d'accord ?

-Alors, j'ai le droit de continuer à lui écrire ? Vraiment ? s'exclama Ky, proprement stupéfait.

-Evidemment. Mais je ne veux pas que tu finisses par l'épouser ou un truc du genre. Lorsque tu arriveras à Poudlard, vous serez dans des maisons différentes et tu te feras sûrement d'autres amis… J'espère. Parce qu'autrement il faudrait que je me mette à supporter Hermione Granger –et qu'elle me supporte en plus ! Autant te dire que ce n'est pas gagné.

-Pas de soucis. Je ne te les imposerai pas, promit Ky en croisant les doigts pour que son père ne change pas d'avis.

-Alors tu peux continuer, Ky. Mais plus tard… »

Il tapota le cadran de sa montre pour lui rappeler que l'heure tournait et Ky se rua vers sa penderie pour se préparer. Il enfila difficilement un costume que lui avait offert son père quelques mois plus tôt à l'occasion d'une soirée mondaine infernale –il détestait ce genre d'événements. Heureusement, il n'avait pas trop grandi et tout lui allait encore parfaitement. Ensuite, il dut s'armer d'une patience à toutes épreuves en se postant devant le miroir. D'ordinaire, il ne coiffait jamais réellement ses cheveux. C'était tout à fait inutile puisqu'ils bouclaient toujours comme ils en avaient envie –et qui était-il pour chercher à contrôler l'incontrôlable ? Cependant, lorsque ses grands-parents leur rendaient visite, il se devait d'appliquer soigneusement une épaisse couche de gel afin d'aplatir au maximum sa tignasse. Il grimaça en étirant ses cheveux en arrière, jusqu'à ce qu'ils forment une plaque égale au sommet de son crâne. Il se sentit immédiatement risible ainsi coiffé et vêtu, mais les Malefoy n'étaient pas des gens avec qui on pouvait plaisanter. Qu'on s'appelle aussi Malefoy ni changeait absolument rien.

La sonnette d'entrée le sortit de sa contemplation et il poussa un soupir à fendre l'âme avant de quitter sa chambre. Au rez-de-chaussée, son père venait juste d'ouvrir la porte pour laisser passer un couple âgé mais toujours gracieux qui se plaignait du mauvais temps. Ky trouva cela un peu exagéré puisqu'ils avaient probablement transplané juste sur le pas de la porte –Drago refusait catégoriquement de lier sa cheminée au réseau, craignant que Lucius et Narcissa n'investissent immodérément le salon.

Ky resta en haut des marches quelques secondes alors que Dondre, leur elfe, débarrassait ses grands-parents de leurs capes, à grand recours de courbettes. Puis, Lucius capta son regard et il s'obligea à descendre en traînant un peu les pieds. Son père lui accorda un petit sourire crispé, étouffa un rire devant sa coiffure, et entraîna tout le monde vers le petit salon.

Ky se laissa placidement embrasser par sa grand-mère qui glissa cinq gallions dans sa paume, l'embaumant malgré elle d'un parfum acide qui lui piqua les narines. Lucius ne fit pas grand cas de lui, se contentant de s'installer sur le plus grand fauteuil disponible –celui qui était normalement réservé à Drago qui s'abstint de tout commentaire. Lucius claqua des doigts en direction de Dondre et lui demanda d'apporter à boire, sans aucune formule de politesse. Là encore, Drago préféra rester silencieux.

Narcissa s'installa sur le canapé, attirant Ky vers elle de ses longs doigts secs et ridés, et Drago s'assit maladroitement sur le seul siège restant –le plus inconfortable. Un silence pesant régna jusqu'à ce que Dondre apporte de quoi se ravitailler et Drago se servit rapidement d'un verre d'alcool fort –ce qu'il lui fallait pour supporter ses parents.

« Nous avons été très déçus que tu annules le repas d'hier, Drago, commença Narcissa avec un air pincé. Nous avions réservé la meilleure table Chez August.

-Désolé, mère. La matinée avait été plutôt longue et Ky était fatigué. »

Ky adressa un regard offusqué à son père, parce qu'il venait juste de mentir. Il n'avait jamais été fatigué. Drago avait juste décidé qu'affronter une personne insupportable par jour était largement suffisant. Prétexter la soudaine fatigue de son fils était une bien piètre excuse, mais Lucius s'en contenta amplement puisqu'elle incriminait son décevant petit-fils.

« Nous avions prévu une surprise pour Kylian, déclara le vieil homme en insistant bien sur le Kylian, comme pour faire remarquer –pour la énième fois depuis sa naissance– que Ky n'était pas un prénom valable. Narcissa et moi partons en voyage quelques temps et c'était l'une des dernières occasions de vous voir avant qu'il ne parte à Poudlard…

-On se voit maintenant, père. Il est inutile d'en faire toute une histoire.

-Nous partons ce soir, Drago. Ta mère et moi avions prévu de nous reposer avant le départ.

-Vous vouliez vous reposer pour vos vacances ? » s'enquit innocemment Ky avec un soupçon d'ironie, comme si la situation n'était pas assez embarrassante comme ça.

Narcissa esquissa un sourire attendri avant de glisser une autre pièce dans la main de Ky. Drago s'enfonça plus profondément dans son fauteuil en avalant quelques gorgées et Lucius poussa un soupir découragé en fermant les yeux. Apparemment, personne dans cette pièce n'était à la hauteur de ses attentes –bien trop élevées en réalité pour être atteintes par quiconque. Ky cependant le décevait bien plus que Drago qui durant l'enfance et l'adolescence avait plutôt bien répondu aux pressions infligées par leur rang. Ky, lui, ne correspondait pas du tout à ce que Lucius pouvait attendre du dernier héritier de son sang. Et il le lui faisait sentir autant que possible.

« Ta grand-mère et moi avons décidé de t'offrir un petit cadeau pour ta rentrée à Poudlard, annonça-t-il finalement comme si chaque mot lui écorchait le palais.

-J'espère que ça va te plaire, Kylian ! » ajouta Narcissa avec un immense sourire –ce qui pour elle équivalait plus ou moins à ne pas bouger du tout la bouche en dehors de la commissure de ses lèvres qui se redressait d'un petit millimètre.

Ky les remercia de leur attention en saisissant le paquet bien emballé que lui tendit Lucius –enfin, il leva la main et l'enfant dû se lever pour le récupérer. Les mains tremblantes d'appréhension, il défit soigneusement le nœud qui enroulait le papier cadeau avant de le déplier avec une douceur presque exagéré afin de ne pas le déchirer. En réalité, il voulait prendre le temps de se constituer un masque de bonheur factice au cas où le cadeau ne lui plairait pas –chose qui avec ces gens qui le connaissaient si peu avait de grandes chances de se produire. Lorsqu'enfin il ouvrit la grande boite qui enfermait sa surprise, il eut un coup au cœur, comme s'il recevait un uppercut en plein visage. L'intention de ses grands-parents était plus qu'évidente, et ils avaient probablement pensé lui faire plaisir, mais tout ce vert et ce gris lui donnèrent le tournis.

Drago ressentit la panique de Ky comme si c'était la sienne et se leva hâtivement pour observer le contenu du paquet. Une écharpe aux couleurs de Serpentard y reposait, fraichement pliée, et quelques objets : un bonnet rayé dans les mêmes tons, une plume de phénix teinte en vert et une chevalière. Drago fronça les sourcils, jeta un coup d'œil à sa propre main, et constata qu'il s'agissait de la sœur de la sienne. Un lourd anneau d'argent serti d'une pierre verte où un M calligraphié avait été gravé.

Tous les symboles de la maison Serpentard s'exposaient là, fièrement associés au nom des Malefoy. Drago n'eut aucun mal à saisir les raisons de l'état de son fils et, aussi glacial que possible, il remarqua :

« Ky n'a pas encore assisté à la cérémonie de répartition, père. Il est peut-être un peu tôt pour lui offrir de tels présents, aussi appréciés soient-ils…

-Voyons Drago, les Malefoy vont à Serpentard depuis toujours. Kylian est un Malefoy, il ira donc à Serpentard. Je ne vois pas l'intérêt de débattre à ce sujet. A moins que… »

Son regard se posa alors sur Ky qui cessa de respirer, l'air refusant d'entrer dans ses poumons de toute manière. Si Drago avait des iris qui pouvaient paralyser n'importe qui jusqu'à lui donner envie de se terrer, Lucius lui, pouvait simplement tuer du regard. Là où Drago n'avait que de l'argent éclatant, Lucius avait des balles d'un métal froid, meurtrier. Avec une nuance d'un humour incompréhensible dans la voix, Lucius siffla, tel un serpent prêt à mordre.

« A moins que Kylian ne souhaite pas rejoindre les Serpentard. »

Kylian sentit qu'il tremblait et que ses yeux s'humidifiaient sous la peur. Il savait parfaitement que rien ne lui arriverait tant que son père serait là, à ses côtés, mais son grand-père lui faisait peur. Une peur irrationnelle et incontrôlable. Une peur qui se développerait sans doute jusqu'à devenir sa seule émotion s'il ne répondait pas très vite pour crier son amour pour la maison des serpents. Et en cet instant, il aurait donné n'importe quoi pour être sûr d'y aller.

« Si. Je veux aller à Serpentard, bredouilla-t-il en maudissant les tressaillements de sa voix.

-Vraiment ? insista Lucius avec un sourire plus cruel que tous ceux que Drago avait offert à Hermione Granger la veille.

-Oui. Je veux aller à Serpentard. Je veux vraiment y aller.

-Très bien, alors le problème est réglé. Narcissa, aide-donc notre petit fils à mettre son écharpe… »

Narcissa acquiesça sans répondre, saisissant les cadeaux de Ky qui claquait presque des dents, impatient d'en avoir fini avec cette affreuse visite, impatient de retrouver son bureau et son courrier. Drago posa une main sur son épaule pour le rassurer, mais il était si furieux que cela n'eut aucun effet. Il semblait prêt à se ruer sur son père pour lui fracasser le visage à coups de poings. Mais il était encore plus furieux contre lui, d'avoir laissé cela se produire, de laisser Lucius avoir une telle influence sur son propre fils alors qu'il s'était promis que jamais Ky ne devrait porter sur ses épaules le poids d'un nom trop lourd.

Mais alors que Narcissa enroulait l'écharpe autour de son cou, Ky eut la sensation étrange de ne pouvoir échapper à ce que sa famille attendait de lui… A moins de vouloir finir comme les Black récalcitrants : un petit trou brûlé au milieu d'un arbre généalogique trop illustre pour l'erreur qu'il était.


Chère Anaïa,

J'aurai voulu te répondre plus vite, mais mes grands-parents nous ont rendu une visite à mon père et moi. Tu te demandais ce que cela fait d'être un Malefoy ? Et bien c'est bien pire que ce que tu pourrais jamais imaginer. Ma maison n'est pas un château, juste une sorte de manoir perdu au milieu de landes désertes, avec personne à moins de cinq kilomètres à la ronde. Et je n'ai pas de piscine, mais un lac où l'été, je me risque parfois à mettre les orteils, alors que l'eau est toujours gelée. Mais j'ai une grande bibliothèque avec pleins de livres de magie noire, alors ça ne m'emballe pas franchement de découvrir cette part de la bibliothèque de Poudlard…

Et puis, il y a les autres membres de ma famille. Mon père est vraiment un super papa, toujours patient et gentil. Je te vois venir, alors je rajoute : avec moi !Il est patient et gentil avec moi. Il cuisine super bien quand il en a envie, sinon c'est Dondre, notre elfe de maison qui s'en charge. Il fait les meilleures pommes de terre au monde. Il rajoute des tas de choses dedans et ça fait comme un sandwich, mais à la place du pain, c'est de la pomme de terre. Si tu peux goûter ça un jour, tu verras que c'est juste excellent. Parfois, il s'installe dans mon lit avant que je dorme et il me raconte des histoires d'il y a longtemps, de Poudlard et de la guerre. Il fait les voix (celle de ta mère est parfaite en matière d'imitation !) et tout ça. Il me fait rire.

Il n'est pas parfait, évidemment… Il peut se disputer avec un inconnu juste parce que celui-ci l'a bousculé dans la rue ou passer la journée sans dire un mot parce qu'il est plongé dans ses pensées. Mais c'est un être humain quand même alors je le pardonne.

Et puis il y a mes grands-parents… Alors entre eux et moi, soit ça passe, soit ça casse. Ça casse toujours en fait, sauf quand il y a du monde avec nous parce qu'ils détestent se montrer en spectacle, ils trouvent ça vulgaire. Mais je crois qu'ils sont juste un peu déçus de ce que je suis. On peut dire que je ne suis pas vraiment l'archétype du Malefoy de base. Et aujourd'hui, ça s'est encore plus mal passé que d'habitude. Tant pis.

J'ai attaqué l'Histoire de Poudlard tout à l'heure, le temps de me calmer avant de t'écrire, et j'ai découvert plein de choses ! Tu sais comment fonctionne le plafond de la Grande Salle ? Mon père dit que ce n'est pas si fantastique, mais je rêverais de pouvoir faire la même chose dans ma chambre. Premier sort que je jetterai le jour de mes dix-sept ans, au moins, c'est dit !

Shadow s'entend bien avec Pattenrond ? Aristote a failli s'échapper ce matin et mon père n'a pas arrêté de menacer de l'enfermer dans une boite depuis qu'on l'a retrouvé…

Puisque tu dis que tu dois savoir certaines choses pour mériter d'être la fille d'Hermione Granger, je peux te demander ce que ça fait de vivre dans une famille d'héros ? Ça doit être drôlement plus reposant que de vivre avec d'anciens prisonniers d'Azkaban (mon grand-père) ou autres Mangemorts, non ?

Plus que quatre semaines pile avant Poudlard. Tu n'imagines pas comme je suis pressé !

Ky


Ky,

J'ai du mal à imaginer ton père en train de faire le clown pour t'endormir, laisse-moi te le dire ! J'ai vraiment essayé, promis, mais il a l'air bien trop sérieux pour s'amuser ainsi. Pour les pommes de terre, ma grand-mère paternelle fait la même chose. C'est la meilleure cuisinière du monde. Et la meilleure grand-mère du monde. Je ne ressemble pas vraiment à ma famille moi non plus. Enfin, surtout pas à celle de mon père. Mais elle s'en fiche. Elle m'appelle « ma puce » et me donne toujours la plus grosse part de sa tarte à la citrouille. Alors j'ai aussi du mal à imaginer des grands-parents comme les tiens… Qu'est-ce qu'il s'est passé de si horrible exactement ? Ton père ne dit rien quand ils sont méchants ?

Vous avez un elfe de maison ? Ma mère piquerait une crise si elle le savait ! Et ça ne l'aiderait pas à avoir une bonne opinion de ton père. Elle pense qu'on ne devrait pas exploiter les créatures sous prétexte qu'elles ne sont pas comme nous. Elle défend les elfes de maison depuis vingt ans maintenant avec la SALE (Société d'Aide à la Libération des Elfes) et se met dans des états pas possibles quand elle réalise qu'ils ne sont pas encore tous libres… (Comme si elle pouvait en quelques années résoudre un problème qui se pose depuis des siècles.)

Tu n'as pas de cousins ou de cousines qui viennent te rendre visite parfois ?

Ma mère m'a expliqué pour le plafond de Poudlard quand je lui en ai parlé au dîner, et moi aussi je trouve ça trop génial ! J'ai des étoiles collées à mon plafond dans ma chambre : ce sont des trucs en plastique qui captent la lumière pendant la journée et la diffusent la nuit. Mais ce n'est pas vraiment pareil. Tu crois que je dois lire l'Histoire de Poudlard avant d'y aller ? Ma mère l'a, c'est son livre de chevet depuis… toujours. Alors je pourrai lui piquer.

Pattenrond ignore Shadow avec une super motivation ! Quel vieux ronchon ! Shadow essaie d'attirer son attention (il joue avec sa queue par exemple, et c'est trop mignon.) mais Pattenrond fait comme s'il ne voyait rien. Ou alors il est trop vieux pour se bouger.

En fait, c'est plutôt sympa d'être toujours entourée de gens qui ont sauvé le monde parce que du coup, les autres ont une super haute opinion de moi, ce qui fait que si je fais une bêtise, on me pardonne plus facilement. Quand j'étais plus petite, j'ai volé un bonbon dans une boutique de Pré-au-Lard et quand ma mère est venue avec moi pour le rapporter après l'avoir découvert, le vendeur s'est presque excusé. Oui, tu as bien lu. Lui s'est excusé parce que j'avais volé quelque chose. Apparemment, être la fille d'Hermione Granger me donne le droit d'être une criminelle !

Le problème (parce qu'il y a toujours un problème) c'est que du coup, les gens sont plus facilement déçus… Comme s'ils s'attendaient à ce que je fasse forcément de grandes choses. Surtout que –comme si ça n'était pas suffisant– je ne suis pas que la fille d'Hermione Granger, mais aussi de Ron Weasley. Deux fois plus de problèmes et d'attention.

D'ailleurs, j'ai rendez-vous avec mon père aujourd'hui. Je dois passer l'après-midi entier avec lui ! Et franchement, à côté de lui, tes grands-parents doivent être de la gnognote ! Souhaite-moi bonne chance…

Pour Poudlard, je compte les jours moi aussi. Bientôt !

Ana

(Tu ne m'as pas répondu pour ta mère ?)


Ana,

Je t'envoie juste un bonne chance qui arrivera à temps j'espère ! Bonne chance !

(Mais pourquoi bonne chance au fait ?)

Ky


Anaïa avait soigneusement replié le petit morceau de parchemin qu'elle venait juste de recevoir et l'avait rangé dans la poche arrière de son jean. Le papier pesait lourd sur elle, mais lui donnait un peu de courage puisque personne d'autre que Ky n'avait idée d'à quel point cette journée l'angoissait. Certes, il n'avait aucune idée des raisons pour lesquelles elle stressait, mais que quelqu'un la soutienne malgré tout au lieu d'ignorer le problème était d'un grand réconfort.

Pour la dixième fois, elle jeta un petit coup d'œil en arrière, vers la cuisine où sa mère s'activait afin de pouvoir retourner au travail le plus vite possible. Elle devait rentrer dans cette cheminée, elle n'avait pas le choix, mais elle aurait donné n'importe quoi pour que celle-ci l'amène ailleurs.

« Ana, par Merlin, dépêche-toi ! s'impatienta Hermione en attrapant son sac à main. Ton père t'attend…

-Je ne pourrais pas aller chez papi et mamie, plutôt ? »

Hermione faillit craquer sous le regard suppliant de la fillette, mais elle n'avait pas le choix. Leur contrat de divorce, à elle et à Ron, stipulait bien qu'Anaïa devait passer au minimum un week-end par mois chez son père. Le week-end avait été transformé en quatre demi-journées sous l'insistance de l'enfant –et puisque Ron trouvait toujours des excuses pour éviter cette corvée– mais cette fois, Hermione ne pouvait pas faire autrement. Elle devait retourner travailler et ne pouvait faire débarquer sa fille chez ses grands-parents sans les prévenir au préalable.

« Je viens te chercher à vingt heures tapantes, Ana. Promis.

-Tu ne seras pas en retard, hein ? chuchota Ana pour qui cinq minutes de retard dans ce cas là pouvait changer totalement son état d'esprit –déjà peu reluisant en cette journée.

-Je serais même là en avance si je peux. »

Elle déposa un baiser sur le front de sa fille puis la poussa vers la cheminée pour ne pas se laisser l'occasion de flancher. Elle non plus ne tenait pas franchement à ce qu'Anaïa passe l'après-midi avec Ron puisque cela embêtait tout le monde –les deux principaux concernés, comme la nouvelle famille de Ron, même si bébé-Ashton n'exprimait pas encore son mécontentement. Mais elle se devait de conserver un minimum d'organisation dans ce plan familial complexe, afin qu'ils ne s'éparpillent pas tous. Elle espérait aussi naïvement que Ron et Anaïa puissent un jour retrouver la relation qu'ils avaient tous les deux oubliée désormais, refoulant tous les bons souvenirs pour ne garder que le mauvais.

En prenant la poudre de Cheminette, Anaïa adressa un dernier regard à sa mère, mais celle-ci l'évita, et elle se résigna à subir cette journée comme elle venait.

Quelques minutes plus tard, elle réapparut ailleurs, dans un salon lourdement décoré de bibelots et envahi de jouets de bébés. Elle jeta un coup d'œil à gauche, vers la salle à manger de son père, puis à droite vers le couloir qui menait aux chambres. Rien.

« Ton père t'attend, pépia-t-elle en une parfaite imitation de sa mère avant de grogner : Mouais, tu parles ! »

Définitivement furieuse –et un peu triste– elle se laissa tomber sur le canapé que son père avait embarqué de leur ancienne maison –sa mère en avait racheté un plus à leur goût à toutes les deux. Elle aurait pu rentrer chez elle, ou même aller ailleurs, jusqu'au travail de sa mère où les assistants juridiques étaient si craquants, ou chez sa Mamie Molly qui saurait la réconforter avec des tas de gâteaux. Mais elle se refusa à abdiquer.

Son regard défila sur les lieux silencieux et tomba sur une photo de famille. Pas la sienne, évidemment. Il n'y avait aucune photo d'elle ou de sa mère dans cet appartement tout neuf. Non, une photo de son père avec sa nouvelle femme : la greluche plus connue sous le nom de Gabrielle Delacour. Il y avait leur fils aussi qui en l'espace de deux mois avait dû être plus photographié qu'Ana dans toute sa vie. Celle-ci en éprouva un peu de jalousie avant de contempler le bébé. Mauvaise, elle pensa qu'il était de toute façon déjà très moche, que ça n'irait pas en s'arrangeant, et qu'elle n'avait donc aucune raison d'être jalouse.

Anaïa entendit soudainement des bruits dans le couloir de l'immeuble, puis une clé qu'on enfonçait dans la serrure. Elle perçut un rire, un petit cri de bébé, puis un autre rire, plus fort, qu'elle connaissait mieux. Qu'elle n'entendait plus depuis longtemps aussi. D'ailleurs ce rire s'évanouit dès l'instant où son possesseur ouvrit la porte. Le regard bleu azur de Ron se posa sur sa fille, passa sur la cheminée, revint vers elle, puis se tourna vers Gabrielle et le bébé-Ashton dans ses bras.

« Ana, qu'est-ce que tu fais ici ? s'exclama-t-il finalement.

-On est lundi. Maman t'a prévenu que je viendrais. Mais je peux rentrer si je dérange… »

Gabrielle fut la première à sortir de sa torpeur et tendit Ashton à Ron avant de se diriger vers Anaïa pour l'accueillir plus gentiment. L'attention aurait pu toucher la fillette, mais l'agaça bien davantage. Elle détestait que Gabrielle soit si gentille, ni naïve, si jolie, si… française.

« Bien sûr que non, tu ne déranges pas du tout. Mais ton père est une vraie tête-de-linotte, tu le sais bien. Il oublie constamment toutes sortes de choses, et avec Ashton qui refuse de faire ses nuits, c'est encore plus dur de garder les idées claires, débita-t-elle à toute allure, comme si cela arrangerait la situation de noyer tout le monde avec des mots. Tu veux boire quelque chose, ma chérie ? »

Anaïa secoua la tête, les yeux fixés sur son père qui gardait les siens résolument baissés. En général, il faisait mieux semblant que ça, au moins pendant quelques minutes, mais cette fois il était trop surpris pour agir comme un père. Il souleva légèrement Ashton, le cala sur sa hanche, et referma la porte d'un coup de pied.

Gabrielle, qui détestait perdre le contrôle de la situation, alla récupérer son fils pour l'amener dans sa chambre, parce qu'il avait « absolument besoin de faire une sieste ». Anaïa la soupçonna de vouloir fuir toute cette tension et elle regretta de ne pas pouvoir agir de la même façon. Ron passa nerveusement sa main dans ses cheveux en s'approchant pour s'écrouler sur le fauteuil qui lui faisait face et elle chuchota, insufflant autant de colère possible à ses mots :

« Tu m'as oubliée.

-Je suis désolé, Ana. Mais tu as entendu Gab'… Avec le bébé et tout ça, je suis vraiment très fatigué. »

Vagues excuses qu'il ne s'efforça même pas de rendre plus crédibles. Elle se concentra de toutes ses forces sur le parchemin qui lui donnait un peu de force depuis sa poche, retenant difficilement ses larmes de rage qui menaçaient de faire céder le barrage de ses paupières. Ron poussa un profond soupir, puis tâcha de sourire et d'engager la conversation sur un terrain moins glissant.

« Maman m'a dit que tu avais fait tes courses de rentrée samedi. C'était bien ?

-Elle t'a dit ça quand ?

-On s'est croisé dans l'ascenseur au Ministère samedi après-midi. J'étais l'un des Aurors qui a arrêté le monsieur qu'elle voulait mettre à Azkaban alors j'ai dû y aller malgré mon congé, expliqua-t-il, la voix plus douce. Tu as trouvé tout ce que tu voulais alors ?

-Non. Il me manque des choses. Maman a dit que tu viendrais les chercher avec moi. »

Ron avala difficilement sa salive en se tassant un peu plus dans son siège. Apparemment, sa mère n'avait pas eu le temps de lui parler de ça et Anaïa se sentit presque fière de le voir si mal à l'aise. Il s'apprêtait à patauger dans une mare de mensonges et d'excuses, et elle s'impatientait de le voir se noyer. Il mit un pied à l'eau…

« Tu sais, Ana, en ce moment avec Ashton, la situation est compliquée. C'est un bébé, il demande beaucoup d'attention, et je ne peux pas demander à Gabrielle de faire tout le travail. J'ai voulu ce bébé autant qu'elle et maintenant, je me dois d'agir en père. »

Puis un autre…

« Et je reprends très bientôt le travail, tu sais. Entre Harry qui est parti en Egypte voir Charlie et Kingsley qui pense se concentrer uniquement sur son travail de Ministre, ils ont besoin de moi au bureau. Je serais sans doute bien moins disponible. »

Puis un autre encore…

« Je sais bien que ta mère aussi a un emploi très important et qu'elle ne dispose pas de plus de temps que moi, mais elle n'a pas autant de choses à gérer actuellement. J'en parlerai avec elle et on verra comment on peut s'arranger. »

Il était déjà à demi-immergé dans ses excuses plus bidons les unes que les autres aux yeux d'Anaïa, mais continua sur sa lancée et elle le laissa faire en serrant les dents.

« Et dans le pire des cas, je suis sûr qu'Harry et Ginny se feront un plaisir de te conduire sur le Chemin de Traverse quand ils iront faire les courses pour tes cousins. Cameron a besoin des mêmes que toi, donc tu ne dérangeras pas. »

Anaïa acquiesça en silence. Elle aurait voulu lui dire qu'elle savait tout ça et qu'il était de toute façon le seul que sa présence dérangeait, mais les mots se coinçaient dans la gorge, trop gros pour dépasser la boule d'angoisse qui s'y était logée. Elle préféra changer de sujet avant de se mettre à hurler, à pleurer ou à juste sauter partout pour se calmer, et bredouilla bêtement :

« Maman m'a acheté une chatte pour Poudlard. Elle s'appelle Shadow. »

Ron ébaucha un petit sourire, néanmoins peu convainquant puisqu'il haïssait les chats… Et que les chats le lui rendaient bien. Pattenrond par exemple lui vouait une haine illimitée et il gardait encore les traces de ses griffures, blessures de la guerre qui s'était tenue entre lui et l'animal pour partager le lit d'Hermione durant les premiers mois de leur vie à deux. Anaïa se demanda si elle pourrait dresser Shadow dans ce sens, afin que son père ne puisse pas l'approcher. Une sorte de chat de garde bien entraîné. Peut-être que Ky avait des livres au sujet du dressage de chat… Elle lui demanderait.

Après cela, le silence se réinstalla, seulement interrompu par les allers et venues de Gabrielle qui servit un jus de citrouille trop sucré à Anaïa. Le liquide eut du mal à passer sa gorge, toujours nouée, mais elle tenta de ne pas le recracher. Au bout d'une heure, Gabrielle insista pour lui planter Ashton dans les bras afin qu'ils fassent connaissance et Anaïa eut très envie de dire « Comment est-ce que je suis censée faire connaissance avec un truc aussi inutile qu'un bébé ? » mais retint sa mauvaise humeur. Elle fit donc mine de s'intéresser à lui alors qu'il ne faisait rien d'autre que pleurer ou baver. Puis il eut la bonne idée de remplir sa couche et Anaïa put enfin se débarrasser de lui.

Elle remarqua que son père avait fixé son attention sur son verre de jus et se leva d'un bond. Gabrielle lui adressa un regard étonné depuis la salle de bain attenante et s'exclama :

« Tu t'en vas déjà ? »

Ron porta sur sa fille un regard plein d'espoir et Anaïa acquiesça. Le « déjà » était de trop dans la question de sa belle-mère, mais il n'était pas utile de le préciser.

« Maman devait rentrer tôt de toute façon, alors elle est probablement à la maison, mentit-elle sans ciller. Sinon, j'irais voir mamie. »

Elle se laissa maladroitement enlacer par Gabrielle, puis se dirigea vers la cheminée sans un regard de plus pour son père. Il ne l'arrêta pas, ne lui proposa pas de la raccompagner pour vérifier si quelqu'un l'attendait de l'autre côté… Et elle s'enfonça dans l'âtre en tâchant de contrôler son canal lacrymal qui défaillait sérieusement depuis quelques semaines. Alors qu'elle jetait la poudre de Cheminette au sol, Ron se leva enfin. Elle ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche et énonça sa destination en s'évanouissant dans un nuage de fumée.

La maison était vide bien entendu et le serait probablement durant de nombreuses heures encore, mais elle préférait être seule qu'avec eux. Au bord des larmes, elle grimpa les marches menant à l'étage, quatre à quatre, et retrouva sa chambre où Shadow l'attendait. Roulée en boule sur son oreiller, le chaton ouvrit un œil puis le referma, trop endormie pour fêter le retour de sa nouvelle maitresse.

Cette dernière se laissa tomber sur le lit et passa sa main sur le long de la colonne vertébrale de son animal, avant de câliner sa tête. De chaleureux ronronnements envahirent la pièce, puissants et rassurants, et Anaïa s'installa plus confortablement. Ses larmes finirent par lui brouiller la vue et elle les laissa couler, comme pour que ses regrets s'échappent avec elles.

Elle avait pris depuis longtemps l'habitude de cet état, celui qui suivait toutes ses rencontres avec son père. Et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'être débordante de regrets à chaque fois. Elle ne regrettait pas que cela ce soit mal passé –elle estimait que plus rien ne pourrait jamais sauver sa relation avec Ron- mais de ne pas avoir été capable de lui dire ce qu'elle pensait de tout ça. Alors qu'elle se montrait si douloureusement franche avec sa mère, alors qu'elle pouvait plonger jusqu'au cou dans les ennuis avec ses cousins et cousines, alors que chaque personne au monde la trouvait incroyablement mature, honnête et forte pour son âge… Elle se recroquevillait face à son père. Les mots –les critiques- refusaient simplement de passer la barrière de ses lèvres, comme si elle pouvait rendre la situation encore plus dure en les énonçant.

Et elle se retrouvait toujours seule, même entourée de plein de monde, à ressasser mentalement tout ce qu'elle aurait pu dire ou faire pour se sentir mieux –et pour lui faire du mal. Et rien ne pouvait alors la distraitre.

Puis, elle se souvint qu'elle avait au moins une chose à faire pour s'occuper. Avec un mince sourire, elle se redressa sur son lit, récupéra le petit mot d'encouragement de Ky et se décida à lui expliquer en se montrant totalement honnête, comme il l'avait été. Elle n'avait jamais pu parler de son père avec quelqu'un qui ne le connaissait pas et qui puisse être totalement objectif –ou plutôt totalement de son côté, puisque c'est ce qu'elle attendait. Avec Ky, toutes sortes de possibilités s'offraient à elle. Y comprit celle de raconter l'histoire de son point de vue. Son histoire.


Note _ ... En fait, je viens de capter que les fins deviennent sadiques au chapitre 5 -Où vous allez juste probablement vouloir me tuer à coups de petites cuillères (oui, c'est possible & sûrement très douloureux xD)- même si la fin du prochain va probablement vous faire grogner -genre hommes des cavernes- aussi...

Petites questions _ 1. Uhm... Alors, que pensez-vous de Ron ? (XD -vous me connaissez, ce n'est juste pas du tout mon style de le rendre détestable & pourtant... disons que pour cette trame c'était un peu beaucoup nécessaire.) & des Malefoy ? (Alors eux... Entre Cissa qui pense apparemment que refiler des sous à son petit-fils est une preuve d'amour & Lulu qui a l'intention évidente de le faire se sentir minable... u_u) _ 2. Alors Ky ou Ana ? :P Et au niveau des maisons, est-ce que ces lettres / ces passages vous ont fait changer d'avis ? _ 3. Une idée -puisque Ky dit qu'il "n'imposera jamais la présence des Granger à son père"- de comment Drago & Hermione vont se retrouver à nouveau face à face ? _ 4. Qu'avez-vous pensé en général de ce chapitre ? Est-ce qu'il vous a plu ?

Dans le prochain épisode : En fait, le prochain chapitre sera très semblable à celui-ci (raison pour laquelle je tenterai de le poster avec un peu d'avance si possible -au commencement, ils ne devaient former qu'un chapitre, mais niveau longueur, c'était ingérable donc...) : des lettres -avec explication de qui est la mère de Kylian, toute l'histoire de Ron&Hermione et... Et ce qui poussera Drago & Hermione à se revoir xD / Et aussi une discussion Drago/Ky légèrement surréaliste... :P Et après y'aura le chapitre 5 ! Est-ce que vous réalisez ce que ça veut dire ?! :O

Bisous bisous, Review Review

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