Pairing Drago Malefoy / Hermione Granger. _ Et oui, enfin... :P _ et y'a toujours quelques couples qui tentent de passer faire coucou d'temps en temps.

Genre Romance/Famille.

Rating T. -non, mais je vous jure, rien ne va plus... D'accord, je l'admets, ça finira par se changer en M.

Disclaimer Le monde & les personnages adultes appartiennent à J.K. Rowling. Je ne prends pas en compte l'épilogue du Tome 7.

Note de l'auteure Bien le bonjour, chers lecteurs ! Comment allez-vous en cette journée de... Pluie et de froid ? *Dépression Hivernale en plein mois de Juin, c'est fait* ; Je tenais à vous remercier une fois encore pour tous vos reviews qui m'ont fait sourire un peu bêtement parfois -c'est l'effet compliment sur moi, je souris comme Ron dans HP6 quand il regarde la lune après avoir pris le philtre d'amour. Et désolée pour le temps de réponse aussi -j'ai tenté de me motiver dès le jeudi, mais feufeu m'a reniée... (Enfin, la page de login ne voulait pas se charger. Ce qui compliquait légèrement l'opération. xD) Du coup, cette fois, je tenterai de répondre au fur & à mesure pour éviter d'avoir des problèmes ensuite dans ce genre de cas... *se file virtuellement un coup de pieds aux fesses*

Je vous laisse à ce chapitre qui -j'espère- vous fera rire :P


Un Air de Famille

Chapitre 4


Ky,

Je profite de la chouette pour prendre le temps de te répondre. Ça va peut-être prendre huit rouleaux de parchemin de t'expliquer pourquoi j'ai besoin d'une bonne dose de chance pour pouvoir passer du temps avec mon père, mais j'espère juste que tu comprendras un peu, contrairement à tout le monde.

Je ne vais pas te dire que c'est tout le contraire du tien, qu'il est monstrueux, a frappé ma mère, boit trop ou des choses aussi affreuses, parce que ce ne serait pas vrai. En fait, j'ai eu un père comme le tien pendant les cinq premières années de ma vie : il me lisait des histoires en faisant les voix lui aussi, il m'offrait des tonnes de bonbons à chaque fois qu'on sortait et contrairement à ma mère, il me laissait monter sur un balai sans être harnachée comme pour une expédition sur la lune. Il me donnait de petits surnoms affectueux, tenait toujours ma main dans la sienne lorsqu'il y avait des gens autour de nous et, encore mieux, il aimait vraiment ma mère.

Je ne sais pas trop s'il faisait déjà semblant à l'époque, s'il le faisait juste un peu mieux pour y croire lui aussi… Mais j'ai fini par grandir et après mes cinq ans, notre famille a plus ou moins implosé.

Tu sais que tous les Weasley sont roux, pas vrai ? Je veux dire, c'est quand même la caractéristique par laquelle nous nous retrouvons les uns les autres. Mes cousins Logan et Cameron sont bruns, d'accord, mais ce sont les seuls et ils ont au moins hérité de la couleur de cheveux de son père. Et tous les Weasley ont aussi des tâches de rousseurs.

Et comme tu as pu le remarquer, ce n'est pas mon cas. Je suis presque blonde toute l'année, totalement blonde tout l'été (la faute au soleil), je n'ai presque aucune tâches de rousseur sauf quand je passe toutes mes journées dehors, et je suis si petite que même mon cousin de huit ans est plus grand que moi ! (Oui, il faut aussi que tu saches que les Weasley sont habituellement soit grands, soit trapus, jamais petits et fins.)

Mon père a fini par le remarquer (ou du moins par y faire vraiment attention et par agir en conséquence.) et tout a mal tourné depuis . Au début, il se disputait juste beaucoup avec maman, au moins trois fois par semaine, mais il faisait encore un peu mine de s'intéresser à moi. Puis, il a accepté une mission d'Auror le jour de mes six ans, parce qu'il avait simplement oublié mon anniversaire. Oui, tu dois te dire qu'un père ne peut pas oublier une telle date ! Et bien, apparemment, si.

Au bout d'un certain temps, il a commencé à m'ignorer presque totalement… Puis à essayer de comprendre pourquoi je ne lui ressemblais pas. Il a fini par fixer son attention sur une idée qui a rendu ma mère dingue : il pense qu'elle l'a trompé à l'époque et que je suis le résultat. Je ne te raconte pas l'ambiance à la maison… Franchement, je ne peux pas donner d'explication sur le peu de ressemblances que j'ai avec ma famille. Mais je sais que ma mère n'aurait jamais trompé mon père ! Tu dois sûrement penser que je préfère me voiler la face, mais je ne peux pas imaginer que ma mère soit capable de faire ça. Ce n'est tellement pas son genre de faire des choses affreuses, de mauvaises choses… Je pense qu'il se trompe, que peut-être, je suis comme ces enfants dont les parents sont blancs mais qui sont noirs parce qu'un ancêtre l'était. Il paraît que ça arrive.

Mais mon père n'y croit pas et il m'ignore toujours. Il me parle un peu de sujets peu risqués et très souvent inintéressants, mais il essaie de passer le moins de temps possible avec moi. Si je dois supporter de le voir, c'est de la faute de l'imbécile de juge qui a prononcé le divorce de mes parents il y a deux ans.

Et pour rendre la situation encore plus catastrophique, mon père s'est remarié quand sa copine est tombée enceinte. J'ai donc un demi-petit-frère. Et devine quoi ? Il est roux et a plein de tâches de rousseurs ! Je te laisse imaginer à quel point mon père l'aime, lui. Du coup, quand je dois le voir, il faut aussi que je supporte sa toute nouvelle famille, celle qu'il expose dans son portefeuille…

Ce qui m'agace le plus, c'est que ma mère, elle (qui est beaucoup plus belle et intelligente) n'a personne ! J'aimerais bien qu'elle ne soit plus seule avant que je parte pour Poudlard, ce serait bizarre de l'imaginer rentrer à la maison et ne trouver personne.

Alors, voilà pourquoi j'avais besoin de chance, parce qu'en général, ça finit toujours mal. Silence pesant ou discussions coincées. Sourires forcés ou même pas, rien parfois. Ça n'a pas loupé aujourd'hui, et j'ai fini par m'enfuir pour retrouver mon chez-moi. Ma mère va m'arracher la tête quand elle saura que j'ai passé tant d'heures toute seule à la maison, mais tant pis, je n'aurais pas pu supporter de me retrouver dans la même pièce que lui une minute de plus.

J'espère que tu ne te moqueras pas trop de moi et de cette drôle de situation. Tu vois que la tienne, avec tes grands-parents, n'est pas si catastrophique, au moins, tu n'as pas à les appeler « Papa »…

Bisous,

Ana.


Ana,

Je suis vraiment désolé que la situation avec ton père soit aussi terrible. Je n'imagine même pas comment je ferais si mon père n'était pas… Ce qu'il est. Je trouve le tien horrible en fait, parce que quoi qu'il se passe, il reste ton père, non ? Enfin, je veux dire qu'il t'a élevée au début et que ça aurait dû l'aider à ne pas devenir fou comme ça. J'ai aussi un peu de mal à croire que ta mère ait pu le tromper. S'il y a une chose que mon père répète constamment à son sujet, c'est qu'Hermione Granger est un modèle de vertu. A ses yeux, ce n'est pas vraiment une qualité, mais quand même !

Tu as probablement raison pour mes grands-parents, je n'ai pas à les voir si souvent (même si c'est toujours trop souvent !) et mon père est toujours là avec moi. Par contre, tu ne peux pas imaginer à quel point je voudrais qu'ils m'ignorent finalement, comme ton père le fait avec toi. Eux (enfin, surtout mon grand-père en fait, ma grand-mère elle est… juste bizarre.) passent leur temps à me faire des remarques, à insister sur le fait que je ne leur ressemble pas, que je suis pas digne de porter le nom Malefoy. Ils ne le disent pas évidemment, mais ils me le font sentir. Je crois que si je ne vais pas à Serpentard, ils retireront mon nom de leur héritage. Ou ils me tueront, comme dans la mafia moldue (J'ai lu un livre là-dessus et nos familles sont juste totalement normales et saines par rapport à celles-là.).

Mais, j'ai mon père. Et lui ne m'abandonnera jamais. Comme ta mère ne t'abandonnera jamais. Et je promets qu'il sait faire le clown, malgré son air pince-sans-rire (J'adore cette expression !)… Il fait un truc génial avec ses yeux et des grimaces incroyables aussi. J'espère que tu pourras le voir à l'œuvre un jour, tu me croirais comme ça !

Je n'ai ni cousins, ni cousines, ni frères, ni sœurs… J'aimerais bien pourtant, mais mon père est fils unique, alors les seuls enfants que je connais sont ceux de ses amis. Je ne m'entends pas très bien avec eux. Il y a bien Santana, la fille de mon parrain Blaise, mais elle est un peu plus vieille que moi et elle m'embête plus qu'autre chose. Les autres, ils sont… un peu idiots. Les seuls intéressants sont les Nott, mais ils ne sont pas souvent présents. Je sais que c'est méchant de dire ça, mais tu me comprendrais si tu les voyais. En fait, tu les verras à Poudlard !

Ma mère… Je n'aime pas trop en parler, parce que les gens me regardent toujours un peu de travers, comme s'ils étaient à la fois tristes pour moi et un peu dégoûtés, comme si c'était de ma faute. Elle s'appelait Pansy et elle est morte à ma naissance. Alors oui, c'est sûrement un peu de ma faute.

Depuis, mon père est tout seul. Onze ans, t'imagines ? Enfin, j'ai bien vu quelques femmes passer de temps en temps, mais je crois que ma présence le gène pour ça. Il faut dire que « J'ai trente-cinq ans, je suis veuf et j'ai un gamin de onze ans » ça ne plaît pas forcément aux filles. Ajoute le nom Malefoy à l'équation et ça devient totalement impossible !

Pour les elfes de maison, je tiens à rétablir la vérité : nous les traitons bien ! Bon, mon père refuse toujours de les payer, bien que j'insiste, mais il est poli avec eux, dit merci et tout ça… Ça réussit à rendre la chose moins affreuse ? Et on fait comment pour rejoindre la SALE ? Parce que je veux en être !

J'aimerais bien pouvoir avoir des étoiles comme les tiennes, au moins pour faire semblant jusqu'à ce que je puisse lancer un sort à mon plafond. Je pourrais demander à mon père de le faire sinon, mais il ne voudra sûrement pas : j'ai une grande fresque qui date d'il y a super longtemps et il penserait que je gâche le côté artistique de la maison. Quoi qu'il en soit, il faut impérativement que tu lises l'Histoire de Poudlard !

Pour ce que les gens attendent de toi… Je vis exactement le contraire ! Les gens s'attendent à ce que je sois un petit monstre, arrogant, méchant et ils n'arrivent pas à accepter que je puisse être différent de mon père à onze ans. Quand je fais une bêtise, ils ont l'air de penser que c'était prévisible, ils ne sont pas surpris, plutôt ravis même parce que du coup je rentre dans l'idée qu'ils se font de moi. Et quand je fais quelque chose de bien, ils me regardent de travers, comme pour dire : « Et bien mon garçon, tu ne pourrais pas être un peu plus Malefoyen, non ? »… Exaspérant ! Les gens ont toujours envie finalement de nous mettre dans des sortes de cases, avec une étiquette dessus, et si on ne suit pas ce qu'il y a écrit sur cette fichue étiquette, ils nous en veulent. Et par « les gens », je veux aussi dire ceux qui devraient nous aimer… Notre famille donc. On en revient toujours à la même chose.

Vivement Poudlard pour qu'on n'ait plus à les supporter : ton père pour toi, mes grands-parents pour moi. Je me sens coupable d'abandonner mon père dans cette grande maison moi aussi. On devrait pouvoir apporter nos parents à Poudlard lorsqu'ils sont tous seuls !

Je t'embrasse,

Ky.


Anaïa était assise sur son tabouret, le balançant un petit peu en s'appuyant sur la pointe d'un pied, tâchant d'éviter le regard de sa mère. Son instinct de survie lui conseillait –à raison– de ne surtout pas croiser le regard noir d'Hermione qui s'agitait, brusque dans ses mouvements. Elle malmena une brioche dont elle déposa une tranche devant Anaïa et poussa un énième soupir, comme pour évacuer sa colère. Colère qui s'adressait évidemment à la fillette.

Anaïa jeta un petit coup d'œil en direction de la fenêtre, espérant de tout son cœur voir apparaître la chouette qui lui apporterait la réponse de Ky. Elle devait avouer qu'elle s'impatientait un peu, même en sachant qu'il vivait loin et qu'il avait probablement d'autres choses à faire que d'écrire des lettres à une quasi-inconnue.

Le claquement d'une assiette contre la table lui fit oublier Ky pour quelques secondes et elle leva les yeux vers sa mère qui s'installait pour déjeuner.

La veille, Hermione était rentrée, furieuse et angoissée après être passée la chercher chez Ron… Où Anaïa n'était évidemment plus. Elle avait fait un détour par chez Molly et Arthur, puis avait bien eu le temps d'imaginer mille scénarii catastrophes avant de retrouver sa fille, sagement installée sur son lit avec un livre. Depuis, elle ruminait, répétant un discours moralisateur dans sa tête sans se décider à le prononcer. Jusque là.

« Est-ce que tu réalises à quel point on s'est inquiété ? A quel point ta grand-mère s'est angoissée à l'idée de te savoir toute seule ? A quel point ton père s'en est voulu de t'avoir laissé partir ? Et à quel point j'ai eu peur pour toi ?

-J'étais dans ma chambre, maman… Je ne voulais inquiéter personne.

-Oui, mais personne ne le savait ! répliqua froidement Hermione en massant sa tempe du pouce, saisie par une migraine. Anaïa, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu fais ta crise d'adolescence avec de l'avance ?

-Quoi ? s'esclaffa Anaïa en plissant le front.

-D'abord ta petite balade secrète avec ce Kylian Malefoy, et maintenant ça. C'est Poudlard qui t'angoisse ? Je sais que tu es impatiente d'y être évidemment, mais peut-être que tu te mets trop la pression et que… »

Anaïa expira bruyamment, résistant à son envie de lever les yeux au ciel, alors que sa mère continuait à débiter son monologue. Hermione exagérait totalement la situation, selon elle. Certes, elle avait agi de manière un peu spontanée –chose qui ne pardonnait pas chez les Granger– et peut-être aurait-elle pu penser un peu plus à sa famille… Enfin, pas à son père bien entendu, parce qu'Anaïa doutait franchement qu'il s'en soit voulu, comme le disait sa mère. Mais elle avait été si furieuse, si peinée aussi, qu'elle n'avait pas vraiment réfléchi. Elle n'était pas en pleine crise d'adolescence, elle en avait simplement assez de devoir toujours faire des choses qu'elle ne voulait pas faire.

Elle songea à Ky qui vivait probablement la même situation qu'elle, et regretta une fois de plus que sa réponse ne soit pas encore arrivée. Peut-être que la chouette s'était perdue ou qu'il n'avait plus envie de correspondre avec elle ou que… Elle ferma les yeux et tenta de se calmer. Cameron lui manquait aussi et elle attendait désormais sa rentrée à Poudlard avec trop de raisons pour les énoncer. Cameron, Ky, Poudlard tout simplement, ces quatre semaines d'attente la torturaient un peu plus à chaque seconde.

« Anaïa, est-ce que tu m'écoutes au moins ? soupira Hermione, désespérée.

-Oui, mentit la petite blonde du bout des lèvres.

-Alors explique-moi ce qu'il s'est passé dans ta petite tête quand tu as décidé de rentrer à la maison toute seule ? »

Anaïa haussa les épaules, penaude. Elle aurait pu expliquer à sa mère que son père l'avait oubliée et que l'heure qu'elle avait passée en sa compagnie avait été un véritable supplice, mais cela provoquerait une nouvelle dispute entre ses parents. Elle avait entendu sa mère faire la morale à son père des centaines de fois au cours des dernières années et cela se terminait toujours de la même façon : il niait avoir fait quoi que ce soit de répréhensible, se plaignait qu'elle ne comprenne pas ce qu'il pouvait ressentir, et disparaissait sans donner de nouvelles pendant au moins une semaine, ressassant le passé pour devenir encore plus aigri. Et sa mère était triste, dépassée par les événements et finissait toujours par pleurer durant toute la soirée. Rien de bien folichon. Rien qu'Anaïa ne souhaite encourager.

« J'avais juste envie d'être un peu tranquille et Shadow me manquait. Elle est toute petite, tu sais, elle a besoin de moi…

-Ana… »

Hermione soupira une fois de plus avant de glisser ses mains dans ses boucles, tenant ainsi sa tête comme si celle-ci menaçait de tomber sous le poids de ses pensées. Anaïa s'en voulait un peu de la mettre dans un tel état, mais n'avait aucune idée de la façon dont elle pouvait arranger les choses. Elle aurait aimé que sa mère ait autre chose à faire en dehors de s'occuper d'elle ou de travailler, quelque chose qui puisse lui changer les idées et la sortir de la monotonie de son quotidien. Avec une petite grimace, elle demanda brusquement, déviant de sujet sans même y réfléchir :

« Maman, t'as un amoureux ? »

Hermione sortit de sa contemplation de la brioche, planta son regard dans celui de sa fille pour voir si celle-ci plaisantait, puis éclata d'un rire un peu trop nerveux. Elle dodelina de la tête, un sourire aux lèvres, les yeux écarquillés de surprise, ses joues délicieusement teintées de rose, et Anaïa comprit qu'elle la mettait dans une situation inédite et par conséquent très déplaisante.

« Non, Ana. Et tu le sais très bien.

-Tu aurais pu avoir quelqu'un et ne pas me le dire.

-Et bien, ce n'est pas cas, répliqua doucement Hermione, comme à regret avant de se lever pour ranger son assiette, alors qu'elle n'avait rien avalé.

-Pourquoi ?

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi est-ce que tu n'as personne ? »

Hermione déposa son assiette dans l'évier, attendant que fille ait fini de déjeuner –et de dire des bêtises, aussi– pour lancer un sort qui laverait la vaisselle. Puis elle s'adossa au plan de travail, contempla longuement Anaïa, à la recherche d'une réponse valable pour une enfant de dix ans, presque onze.

« C'est moins facile que de s'acheter un balai, tu sais ?

-Tu plaisantes ? Tu es Hermione Granger, tu es belle et super intelligente. Et en plus de ça, t'as la meilleure fille de tout l'univers ! Alors, je ne vois pas pourquoi un homme ne tomberait pas amoureux de toi. »

Hermione éclata de rire, s'approcha de sa fille, toute colère de la veille oubliée, et caressa tendrement ses cheveux. Elle aurait voulu expliquer à Anaïa qu'une femme de trente-cinq ans, divorcée avec enfant, n'était pas franchement le meilleur morceau du marché des célibataires. Elle avait reçu des invitations au cours des deux années précédentes, dès que la rumeur de sa rupture avec Ron s'était étendue, mais malgré quelques rendez-vous à l'heure du déjeuner, elle n'avait jamais eu envie de poursuivre et de se lancer dans une réelle relation.

Il y avait bien eu Jack, un collègue de son bureau, plus que charmant, son seul amant depuis Ron –enfin, son seul amant en dehors de Ron en vérité. Mais elle ne s'était pas sentie emportée comme elle s'y attendait et sa déception l'avait jusqu'alors empêchée de lui proposer une autre sortie. Elle ne pouvait pas partager ses histoires de cœur avec sa fille. Elle se contenta donc de lui expliquer les raisons plus évidentes de son célibat.

« Tu sais, Ana, entre toi qui fait des tiennes et le travail, je n'ai pas réellement temps de chercher quelqu'un. Alors, je suis peut-être belle et intelligente comme tu sembles le croire, pas très objective quand même puisque tu es ma fille justement, mais… Construire une relation demande du temps. Et le temps, c'est tout ce qu'il me manque.

-Peut-être que tu pourrais faire comme les moldus. Aller sur internet ! J'ai vu une pub à la télévision la dernière fois, après que tu ais regardé le journal et je me suis dit que ça pouvait marcher pour toi.

-Et comment je ferais pour expliquer la présence de la magie dans notre vie à ce pauvre homme ?

-Oh… Je n'avais pas pensé à ça. Mais à ton travail…

-Ana, s'esclaffa Hermione. Je suis très bien toute seule. Tu n'as pas besoin de jouer les marieuses ! Je suis une grande fille qui peut parfaitement gérer ses relations…

-Oui, enfin, en attendant, tu n'as aucune relation à gérer ! rétorqua la fillette avec un sourire moqueur.

-Anaïa. »

Ce « Anaïa » suffit à réduire la concernée au silence. Puis, elle aperçut l'air amusé de sa mère et fut plutôt heureuse d'avoir réussi à la faire sourire. En effet, même si Hermione n'était pas prête à accepter son besoin de quelqu'un dans sa vie, Anaïa était bien décidée à le lui prouver. Elle savait qu'un petit coup de pouce au destin pourrait suffire. Sa mère était bien assez bourrée de qualités pour parvenir à faire craquer un homme –au minimum parfait lui aussi. Elle devrait juste trouver un spécimen correct pour faire fondre le cœur de sa mère.

Elle était déjà en pleine réflexion lorsqu'enfin, la lettre de Ky arriva, accrochée à la patte d'une chouette épuisée par les allers retours. Lettre qui lui offrit la réponse qu'elle attendait tant. Le destin avait apparemment décidé de l'aider, lui aussi.


Ky,

Je viens d'avoir une super, mais alors vraiment super bonne idée ! Enfin, seulement si tu es d'accord… Ton père est tout seul et ma mère est toute seule, alors ils pourraient peut-être être seuls ensemble ? Bon, d'accord, tu dois me prendre pour une dingue parce qu'ils n'ont absolument rien en commun, mais réfléchis : ton père a eu dix ans pour trouver une femme à la hauteur de ses exigences, et il ne l'a pas trouvée. Ma mère est entourée d'hommes à son bureau, des hommes parfois super craquants et qui font le même job qu'elle (ce qui laisse supposer qu'ils se ressemblent un minimum) mais elle non plus n'a pas trouvé la perle rare.

Alors, je pense qu'il est possible qu'ils aient tous les deux besoin de quelque chose de vraiment différent ! Quelque chose qu'ils n'auraient pas cherché si on ne décidait pas de les pousser l'un vers l'autre. Peut-être que ton père aurait besoin d'une femme intelligente et indépendante qui ne soit pas issue de l'aristocratie sorcière. Et peut-être que ma mère aurait besoin d'un homme qui… Bon, un homme comme ton père ! Pour l'instant, le seul point positif que je puisse lui trouver de mon point de vue, c'est qu'il est trop beau, et c'est déjà pas mal.

S'il te plait, ne te dis pas que c'est fou et impossible sans y avoir bien réfléchi, parce que toi comme moi n'avons pas envie de les abandonner dans leur solitude, et je crois que les réunir résoudrait grandement le problème.

Mon plan sera digne d'un Serpentard (Parce que moi j'aimerai bien aller dans cette maison, en fait… Pas toi ?) Je suis sûre qu'on pourrait y arriver tous les deux. En plus, je pourrais le voir faire ses grimaces et goûter ses célèbres pommes de terre, ce qui serait un point positif non négligeable, pas vrai ? Ah, et tu pourrais entrer dans la SALE en plus, qui est un club très fermé.

Pour les cousins, franchement, ne te plains pas ! Les enfants peuvent être trop nuls en fait… Mon cousin Freddie, et Charlotte, ma cousine, sont les exemples parfaits de ce qu'il y a de pire chez les gens de notre âge. Je déteste passer du temps avec eux, presque autant qu'avec mon père, car ils me traitent de Serpentard (insulte suprême dans ma famille !)… Parfois, j'aimerai pouvoir leur lancer un sort. Voilà ce que je ferais moi, quand j'aurais le droit d'utiliser la magie en dehors de l'école. Je leur infligerai une bonne correction !

Je t'apporterai des étoiles quand on se verra, et tu me prêteras tes livres en échange. (J'ai commencé l'Histoire de Poudlard, et il y a des tas d'anecdotes, c'est super !)

J'espère que tu trouveras que mon idée est bonne… Réponds-moi vite !

Bisous,

Ana.

(Je suis sincèrement désolée pour ta maman.)


Ana,

Pas de doute, tu es totalement cinglée ! Mais… J'aimerais bien tenter le coup quand même. Peut-être que tu as raison et qu'ils ont tous les deux besoin de changer de fréquentations. Bon, le changement serait radical, mais ça vaut le coup d'essayer.

Mais comment les réunir dans la même pièce sans risquer qu'ils ne s'envoient des sortilèges en pleine tête ? Et puis, même si ça fonctionnait, est-ce que tu imagines ce que les autres en penseraient ? Je sais très bien que tu diras que ça n'aurait pas d'importance, mais mes grands-parents sont très doués lorsqu'il s'agit de contrôler la vie des gens et ils feraient disparaître ta mère en trop peu de temps pour le dire. Et ton père alors ? Et tous les autres ? Harry Potter, par exemple, tu crois franchement qu'il serait heureux de voir sa meilleure amie en couple avec son ancien pire ennemi ?

Bon, on n'en est pas là… Les faire s'apprécier nous demanderait déjà énormément de patience. Il faudrait qu'on s'y mette dès maintenant, si on veut qu'ils se rapprochent avant la rentrée… (Parce qu'après, on ne sera plus là pour leur faire garder le cap.) Tu as un plan ?

Un plan qui ne repose pas uniquement sur le physique de mon père, s'il te plait.

Il y a une cabine de téléphone à deux kilomètres de ma maison, on pourrait essayer de s'appeler pour s'organiser ? Ce sera plus simple comme ça. Envoie-moi ton numéro. Et donne-moi un jour et une heure.

Plus que trois semaines et demie avant Poudlard.

J'attends ta réponse,

Ky.


Ky tapotait nerveusement le coin de la table en observant les allers et venues de Dondre entre la cuisine et la salle à manger. L'elfe de maison posait de nombreux mets sur la table, comme s'ils s'apprêtaient à faire une grande fête, mais non, ils n'étaient que deux. Son père et lui. Enfin, lui tout seul puisque son père n'avait pas encore décidé de l'honorer de sa présence. Néanmoins, ce n'était pas ce qui l'irritait : son père avait l'habitude de s'installer à table à la dernière minute, surtout lorsqu'il revenait de l'un de ces rendez-vous dont Ky ne comprenait pas l'intérêt. Drago ne travaillait pas et trouvait pourtant le moyen d'être débordé de temps à autres.

Non, Ky s'inquiétait par la faute de Grisaille, qui n'était pas encore apparue pour lui offrir la réponse d'Anaïa, réponse qu'il attendait avec une impatience démesurée. Peu à peu, depuis l'avant-veille –jour où il avait reçu la lettre évoquant une idée délirante– il avait laissé son avidité d'en savoir plus l'envahir. Il se prenait à rêver qu'ils parviennent à réunir leurs parents, tant cela semblait surréaliste. Drago et Hermione n'avaient probablement rien en commun, en dehors de leur célibat et leurs enfants. Rien qui puisse faire tenir une relation de couple, pour autant qu'il puisse en juger.

Il tentait de trouver un autre point commun aux deux adultes, lorsque l'un d'eux débarqua dans la salle à manger, l'air légèrement débraillé. Un t-shirt blanc sur un simple pantalon, ni chemise, ni chaussures. Ky se demanda à quel genre de rendez-vous il avait dû assister lorsque le claquement de talons contre le parquet de l'entrée retentit. Il se tourna un peu sur son siège et remarqua avec une grimace qu'une femme quittait précipitamment la maison. En un soupir, il reporta son attention à son père qui, les cheveux ébouriffés et humides, n'eut pas l'air embarrassé d'être ainsi surpris. Ky ne put s'empêcher de marmonner :

« Je croyais que c'était un rendez-vous de travail…

-Je ne travaille pas, Ky. Et Louise est une vieille amie.

-Elle ne m'a pas paru vieille. Et elle m'a encore moins l'air d'être une amie, répliqua sournoisement Ky, laissant l'éducation Malefoyenne de son père agir sur son ton.

-C'est une expression, mon grand, sourit Drago en s'installant à table, un petit sourire rêveur flottant encore sur ses lèvres. Et depuis quand est-ce que tu t'intéresses à ce que je fais ? »

Ky haussa les épaules alors que Dondre lui servait un grand verre de citronnade et disparaissait à la cuisine –pressentant apparemment qu'il était de trop. Ky aurait voulu lui dire de se réserver pour une personne particulière, mais ne pouvait le faire sans éveiller les soupçons. Pour retenir les mots qui menaçaient de sortir de sa bouche, il avala plusieurs gorgées de sa boisson, à la recherche d'un sujet moins risqué. Son père fut le premier à en trouver un –bien plus habitué à foncer dans le mur qu'à l'éviter de toute évidence.

« Je croyais que toi et moi, on respectait notre intimité. J'ai accepté que tu continues à envoyer des lettres à cette Anaïa malgré le problème que son nom me pose, alors j'aimerais bien que tu puisses ne pas me jeter un regard réfrigérant juste parce que j'ai le malheur d'embrasser une femme.

-Papa, j'ai plus cinq ans, je sais que tu fais plus qu'embrasser, grommela Ky avec une grimace puérile, comme s'il allait se mettre à vomir de dégoût. Et j'ai juste été surpris !

-Je sais que tu es un grand garçon qui sait plein de choses sur les rapports homme-femme, Ky, mais tout n'est pas toujours ce qu'il paraît être. »

Ky ne tenta même pas de comprendre le caractère sibyllin de cette phrase, puisque ses joues s'étaient illuminées de rouge, telles des guirlandes de noël. Drago ne mentait pas pourtant. Il s'était brusquement rappelé la présence de son fils au rez-de-chaussée et avait repoussé la pauvre Louise qui avait vainement tenté de relancer la machine. Il avait eu besoin d'une bonne douche froide afin de se calmer, rendu tout de même un peu maussade par la frustration. Il lui semblait qu'il n'avait pas fait l'amour depuis des décennies, quelque chose l'arrêtant toujours au moment fatidique : Dondre, son fils… Il y avait toujours quelque chose !

Il mâchonna amèrement le morceau de viande saignante que Dondre avait si aimablement préparé, tout en songeant à ce que serait sa vie lorsque Ky entrerait à Poudlard. Il se sentirait probablement très seul, après onze années à partager son espace avec un petit garçon aussi vif. Mais au moins, il réussirait à conclure à nouveau ! Point positif pour l'homme qu'il était.

Ky l'interrompit dans ses pensées qui filaient dans des recoins plus intimes de son cerveau en se levant brusquement de son siège. L'enfant courut jusqu'à la fenêtre la plus proche qu'il ouvrit à la volée, et laissa l'une de leurs nombreuses chouettes s'engouffrer à l'intérieur. Grisaille se posa nonchalamment sur le dossier d'un siège et Ky détacha la lettre qui était accrochée à sa patte. Drago l'observa faire avec circonspection en se doutant qu'il s'agissait encore d'un mot de la jeune Granger. Il se demandait ce que cela pouvait signifier pour lui –allait-il devoir accepter un jour que son fils épouse une Sang-de-Bourbe, salissant ainsi la pureté des Malefoy ? – avant de se reprendre. Ky avait onze ans seulement, et ne songeait sûrement pas déjà au mariage, à moins d'être sacrement tordu.

Il ne put évidemment pas s'empêcher de le taquiner, malgré lui, parce que c'était ce qu'il faisait de mieux, avec son fils comme avec le reste du monde. Faire rougir ou rugir les gens était l'une de ses plus grandes passions.

« Alors, ta petite-amie va bien ? »

Cela ne manqua pas. La peau de Ky s'enflamma avec l'ardeur d'un feu de forêt et il se réinstalla à table en dissimulant le petit mot qu'il avait parcouru du regard. Il ne craignait pas son indiscrétion –il savait pertinemment que son père n'oserait jamais lire ces lettres ou même fouiner dans ses affaires– mais avait un peu peur de laisser dévoiler une émotion. Il était presque certain que son père serait capable de lire sur son visage qu'il s'apprêtait à faire quelque chose de stupide. Alors que l'idée s'emparait de son esprit, il la reflua. Pas question de faire rater le plan en se montrant trop transparent.

« Ce n'est pas ma petite-amie.

-Pas encore.

-Papa, j'ai onze ans…

-Et alors ? Je sortais avec ta mère quand j'avais onze ans. Enfin… On se tenait la main, ça n'allait pas plus loin. On n'était pas aussi précoces.

-Papa, coupa Ky en secouant la tête. Je ne veux pas le savoir. Et Anaïa… C'est différent. Ce ne sera jamais ma petite-amie ! »

Ky paraissait tellement convaincu que Drago paniqua. Vraiment. Il pouvait accepter l'idée que son fils sorte un jour avec une Sang-de-Bourbe. Pas une moldue, non, ça jamais. Mais une Sang-de-Bourbe, c'était presque acceptable, puisqu'il n'y avait plus beaucoup de Sang-Purs dans le monde sorcier de toute façon. Mais Ky était si sûr de lui qu'il s'imagina… Une chose qu'il ne pourrait pas accepter –il vivait encore au Moyen-Age pour certains sujets.

« Tu aimes les filles, pas vrai ?

-Bah… Non, pas particulièrement, répondit Ky avec une innocence désarmante.

-Comment ça… Pas particulièrement ? répéta Drago, la gorge nouée, en songeant à la réaction de ses parents s'ils devaient assister à un mariage gay et en croisant les doigts pour qu'ils soient morts d'ici là.

-Je n'ai pas d'amoureuse, si c'est ce que tu veux savoir.

-Oui, mais plus tard… Tu préfèreras les garçons ou les filles ?

-Et bien, ça dépend pour quoi. »

Drago blêmit, si brutalement que Ky cru un instant qu'il pourrait s'évanouir. Il passa nerveusement sa main dans ses cheveux, la glissa vers sa nuque qui menaçait de craquer sous le poids de sa tête, lourde, trop lourde de peurs irrationnelles. Ça dépend pour quoi. Ça dépend pour quoi ? Il ferma les yeux, inspira et expira plusieurs fois pour se calmer –en vain– puis bredouilla en ayant l'impression d'être sur le point d'imploser :

« Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Je sais que c'est nul de penser comme ça, mais je crois que les garçons font certaines choses mieux que les filles…

-Quel genre de choses ? »

Ky haussa les épaules en mordillant dans un morceau de carotte, les traits crispés par la concentration, comme s'il n'arrivait pas à dresser une liste exhaustive des qualités masculines. Puis, après quelques secondes d'une inconcevable torture pour Drago, il avoua :

« Le Quidditch par exemple. Je sais qu'il y a eu de grandes joueuses, mais je crois quand même qu'à certains postes, les hommes se débrouillent mieux…

-Quoi ?

-Attends, papa, ne me fais pas la morale là-dessus hein ! Tu n'arrêtais pas de dire que les femmes ne devraient pas pouvoir être Auror quand Daphnée Greengrass a décidé d'entrer au Département. Alors qu'elle allait juste avoir un travail de secrétaire…

-Oui, Ky, je sais, mais… »

Drago étouffa un rire, la pression se dégageant de son corps à mesure qu'il comprenait que son fils et lui n'avaient pas du tout parlé de la même chose durant ces dernières minutes. Un énorme quiproquo qui avait failli lui provoquer une crise cardiaque. Pourtant, il voulu se rassurer encore un peu.

« Je parlais en tant qu'amoureux, Ky… Est-ce que aimes les filles en tant que potentielles amoureuses ?

-Je n'en sais trop rien, admit Ky avec un rictus curieux. Je ne me suis jamais posé la question. Mais j'aime bien regarder les filles qu'il y a sur les magazines qui sont dans tes toilettes si c'est ce que tu veux savoir. »

Un sourire. Franc et presque moqueur. Drago cessa de respirer, se racla nerveusement la gorge, et eut très envie de rire. De se moquer de lui-même ou de gronder son fils –alors qu'après tout, il aurait pu mieux cacher les dits-magazines. Sa peau d'albâtre se colora légèrement plus que d'habitude, mais il n'osa pas rebondir sur le sujet. Au lieu de ça, il s'enquit, avec l'intention évidente d'oublier l'existence des journaux de charme.

« Alors, pourquoi Anaïa ne sera jamais ta petite-amie dans ce cas ? Elle est plutôt jolie… »

Ky n'avait pas réellement réfléchi à cette idée, même s'il trouvait qu'Anaïa avait une jolie bouche avec de jolies dents bien droites, comme les actrices moldues. En dehors de cette constatation, il ne s'était pas franchement dit qu'Anaïa aurait pu lui plaire en tant que fille. Il tâcha de découvrir pourquoi avant de saisir une image qui fila dans son esprit avec la vitesse d'une étoile filante. Et il comprit.

Avec un sourire mystérieux, il répondit donc à son père en songeant à la lettre sur laquelle il faisait désormais peser un mince espoir :

« En fait, je verrais plus Anaïa comme une sœur. »


Anaïa se rua sur le téléphone portable dès la première sonnerie, afin que sa mère ne remarque pas qu'elle avait piqué l'objet. En général, il était fourré dans son sac à main et ne servait que pour ses grands-parents moldus. Cette fois, Anaïa attendait un coup de fil hautement plus important et ne pouvait se permettre de risquer d'être entendue. Sa mère était installée dans son bureau, au rez-de-chaussée, et à moins que la maison se mette à brûler, Anaïa pouvait compter sur sa tranquillité.

« Allo ? »

Elle parla à voix basse, pour ne pas que sa mère s'imagine qu'elle parlait toute seule, et un grésillement lui répondit, suivi d'un écho bizarre de sa propre voix. Elle croisa les doigts puis entendit finalement Ky à l'autre bout de la ligne.

« Anaïa ? Anaïa, tu m'entends ?

-Rapproche ta bouche du téléphone, Ky, soupira-t-elle avec une pointe d'exaspération. Et ton oreille aussi.

-Oh. (Un silence.) Ah oui, c'est mieux ! Tu m'entends bien ? Je n'ai que quelques minutes, je n'avais pas assez de pièces moldues et la personne qui m'échange mes gallions est en vacances…

-Ne t'inquiètes pas, ça ne va pas prendre longtemps. J'ai demandé à ma mère pourquoi elle était célibataire et je crois qu'elle n'a vraiment pas assez confiance en elle… Est-ce que ton père est du genre à faire des compliments ?

-Seulement quand il y croit vraiment, ou qu'il veut obtenir quelque chose.

-Et tu crois qu'il pourrait en faire à ma mère ? »

Un silence pesant suivit cette question et Anaïa eut l'impression qu'il n'allait pas tarder à briser tous ses rêves. Pourtant, après réflexion, il répondit :

« Oui. Elle est belle. Je crois qu'il pourrait le lui dire si… S'il était certain de ne pas se prendre une claque en retour. Tu crois qu'elle pourrait accepter un compliment venant de lui ?

-S'il le dit bien, oui. Mais ma mère est une grande romantique… Il va falloir qu'il agisse en conséquence.

-Mon père est doué avec les femmes.

-Oui, mais ma mère n'est pas « les femmes »… Ma mère, c'est ma mère. Il va devoir être plus que doué ! »

Nouveau silence. Elle crut même qu'ils s'étaient perdus car Ky n'avait pas assez de pièces, mais il finit par parler.

« Il pourra le faire. J'ai confiance en lui. Mais… Quand ? Comment est-ce qu'on fait pour qu'ils se retrouvent ensemble dans une situation qui ne les poussera pas au meurtre ?

-Et bien… Ton père t'aime à quel point ?

-L'infini, répondit Ky sans hésiter, répétant ainsi ce que son père lui avait dit mille fois durant toute sa vie.

-Ma mère m'aime aussi jusqu'à l'infini.

-Et alors ?

-Alors… Quand on aime quelqu'un à l'infini, on fait tout pour qu'il soit heureux, pas vrai ? »


Drago était déjà sous la couette, torse nu malgré les courants d'air qui traversaient leur vieille demeure. Il avait toujours aimé le froid, rassurant, qui lui attirait malgré tout quelques frissons. Un livre sur la Grande Guerre à la main, il luttait contre le sommeil, estimant qu'il était encore bien trop jeune pour se laisser engourdir ainsi. Il s'apprêtait pourtant à se résigner lorsqu'on frappa à sa porte. Il tendit la baguette vers la poignée qui se tourna pour ouvrir le passage au garçonnet qui attendait.

Ky, dans son pyjama épais d'hiver, s'avança vers le lit de son père après lui avoir demandé la permission d'un regard. Drago s'en voulut un peu de lui infliger un tel froid et lança un sortilège qui réchauffa la pièce en moins de deux. Ky le remercia du regard en s'asseyant sur le lit, ramenant ses jambes maigres contre son torse avant de les enrouler de ses bras. Drago se redressa un peu pour s'adosser au repose-tête et adressa une œillade interrogatrice à son fils qui ne venait plus dans sa chambre depuis ses six ans, âge auquel il avait appris à gérer seul ses cauchemars.

« Qu'est-ce qu'il se passe, Ky ?

-J'ai… Tu te souviens quand je t'ai promis de ne pas t'imposer Anaïa ou sa mère même si on devenait amis ?

-Oui. C'était il y moins d'une semaine, Ky. J'ai trente-cinq ans, je ne suis pas encore sénile.

-Et bien, il va falloir que je rompe cette promesse. »

Drago haussa un sourcil, prêt à dire à son fils qu'il pouvait toujours courir pour qu'il se laisse envahir par les Granger, mais croisa son regard suppliant et le laissa continuer. Après tout, il pouvait toujours lui laisser une petite chance de s'expliquer –et par conséquent, de l'amadouer. Ky lui offrit alors ce sourire qui faisait fondre son cœur de glace et déclara :

« J'ai invité Anaïa à passer la journée de dimanche à la maison. »


Note _ En fait, c'est quand même un tout petit peu sadique, pas vrai ? xD *Mouhahahaha -rire de méchante sorcière de disney*

Petites questions _ 1. Maintenant que vous avez eu toute l'histoire -du moins de vue d'Anaïa hein, je précise- que pensez-vous de Ron ? D'accord, il n'est pas adorable pour autant, mais il a des circonstances atténuantes, pas vrai ? _ 2. Ana & Ky qui commencent à... Faire des bêtises. (Ce n'est que le début, les amis, Pauvres parents !) Que pensez-vous de leur idée de réunir leurs parents ? Pensez-vous que ça va fonctionner ? _ 3. Comment pensez-vous qu'Hermione va réagir ? Anaïa va-t-elle lui dire où elles vont ou entrainera-t-elle sa mère avec elle en lui mentant ? :P Et une idée de la tête d'Hermione en revoyant Drago ? _ 4. Qu'avez-vous pensé en général de ce chapitre ? Est-ce qu'il vous a plu ?

Ah & Hors-sujet -enfin, c'est pas vraiment hors-sujet, mais bon...- J'ai trouvé l'hymne de cette fiction ! Everything has changed de Taylor Swift & Ed Sheeran. J'ai juste un peu carrément bugué sur les paroles. Sans compter que les gamins du clip sont juste... étrangement semblables à Ky & Ana. Faut juste enlever le côté romance, parce que Ky & Ana -comme Ky le dit si bien- ne pensent pas du tout à ça... Mais sinon, j'ai bien rigolé :P Avec Mini-Ed qui lit des bouquins & regarde des serpents dans un aquarium & Mini-Taylor qui s'agite... (Bon, certes, Ana ne fera jamais de la couture, mais je ne désespère pas :P)

Dans le prochain épisode : Prochain chapitre... *Roulement de tambours* Hermione & Drago, le face à face ! :P Et puis, Anaïa & Kylian qui se retrouvent, et ouais, quand même... (Qu'est-ce qu'une enfant ayant été élevée par des Weasley-Potter-Granger va-t-elle bien pouvoir raconter à un enfant qui pense que son père est un super héros ? xD) Mais oui, certes, c'est le Drago-Hermione qui prime. Des prédictions ? -non, aucun d'eux ne va mourir dans le prochain chapitre. Mais... l'un d'eux pourrait souffrir. *re mouhahaha* A la semaine prochaine :D

Bisous bisous, Review Review

Bewitch_Tales