Bonjour !

Voici enfin la deuxième partie de ma fic. Cette fois-ci, c'est centré sur Light. J'espère que ma manière de le décrire vous plaira autant et sera aussi originale que celle que j'ai utilisée pour L. Elle est à nouveau assez particulière, et je ne me souviens pas en avoir jamais lue de telle. Petite précision apportée au titre de cette fic. Il est composé de deux mots, de deux parties. Le premier mot est le thème principal du chapitre sur L, le deuxième, celui du chapitre sur Light. A vous de juger s'ils ont bine été choisis ;)

Réponse à am revieweuse anonyme :

- Hanahime : merci pour ton commentaire,ça fait toujours plaisir :) et contente que ma manière de voir L te plaise

Bonne lecture !


Les éclairs illuminaient la chambre de Light. Chaque sillon fluorescent qui déchirait le ciel dévoilait l'espace d'un instant, les recoins les plus sombres la pièce. Car une fois n'était pas coutume, les multiples appareils technologiques appartenant à L que l'adolescent avait l'habitude d'utiliser étaient éteints.

Le jeune homme aux cheveux cuivrés était recroquevillé, dans la position du fœtus, parmi des couvertures dont les remous faisaient songer à des vagues déferlant. Une position de protection.

Ses doigts enserraient les monceaux de tissus l'entourant, comme s'il n'aurait pas supporté de les quitter, tandis qu'il fronçait imperceptiblement les sourcils. Le lit double sur lequel il était allongé lui permettait maints mouvements, mais pour une raison inconnue, Light préférait racrapoter tant et plus son corps sur lui-même, écrasant de ce fait violemment son oreiller de plumes. Le songe qui ravageait son esprit devait être le responsable de cet étrange comportement. Un obscur souvenir mêlé à une réminiscence confuse.

Et les éclairs continuaient de fendre le verre…

« - Light-kun déteste-t-il perdre ?

Au son de la voix du détective, le dénommé Light-kun émergea lentement de son profond sommeil.

Ses yeux clignotaient comme une ampoule mal réglée. Il les frotta légèrement, espérant ainsi retarder le moment fatidique où sa parole l'entraînerait dans une discussion dont il n'était pas encore sûr de sortir. Tout en étouffant un bâillement, il tenta de répondre le plus brièvement possible, espérant ainsi rapidement retrouver la tiédeur de ses couvertures, et la douceur de son matelas :

- Ryuzaki, s'il s'agit encore là d'une de tes tentatives pour augmenter ou diminuer mon pourcentage de culpabilité, tu perds ton temps. Je ne suis pas Kira.

Cette journée avait été harassante pour l'adolescent, tous ses muscles engourdis lui faisaient cruellement ressentir leur profonde fatigue. Depuis qu'il était enchaîné au détective, ce dernier ne le ménageait en rien. Il méprisait ses besoins primaires, ainsi que son espace vital, posant sans la moindre once de tact des questions qui le conduiraient à L'aveu, le poussant dans ses retranchements, dès qu'il pensait avoir trouvé une faille dans son comportement. Ses seuls moments de quiétude – qu'il bénissait d'ailleurs consciencieusement – étaient ses courtes nuits… Que L parvenait également à gâcher.

L'étudiant était à bout. Au milieu même de son repos nocturne, le détective arrivait encore à le torturer psychologiquement pour tenter d'asseoir sa théorie. C'en était trop. Light sentit ses poings se refermer d'eux-mêmes sans la moindre délicatesse sur ses draps, les broyant. Il lisait dans le regard de L qu'il ne comptait pas s'arrêter là. Et l'adolescent lisait très bien…

- Light-kun ne s'en sortira pas aussi facilement, rétorqua le détective, un sourire sarcastique se dessinant sur son visage.

Le regard du justicier happait celui de l'ancien possesseur du cahier. Ce dernier ne pouvait détourner les yeux. L l'emprisonnait littéralement il n'arrivait à distinguer rien d'autre que lui, comme si le décor, tout insignifiant qu'il était, préférait se confondre dans sa silhouette.

La pression qui acculait l'adolescent faisait grimper sa colère en flèche. La rage d'être impuissant face à son regard, de ne pas avoir suffisamment de forces pour contrattaquer dignement, faisait bouillir son corps. Et par dessus tout, ce sourire... Qu'aurait-il donné pour ne serait-ce que l'effacer de ce sinistre visage ? Il n'était ni supérieur, ni colérique... Juste froid. Aussi glacial que la peau de celui à qui il appartenait. Light n'avait jamais vu une telle expression, si dénuée de sentiment. Voilà ce qu'était L en cet instant, une ridicule coquille vide, mais douée du mouvement. Celle-ci se déplaça d'ailleurs, de manière à se faire entendre de manière plus précise.

Nez à nez.

Les mains frêles de l'adolescent étaient à présent crispées près de son ventre, également soumis à son malaise.

Souffle contre souffle.

- Si Light-kun possédait le pouvoir de tuer, débuta L sans quitter l'étudiant des yeux. En fonction de sa personnalité...

Le jeune homme aux cheveux cuivrés sentit alors une légère brise courir le long de son échine pour se diriger vers ses tympans.

- L'utiliserait-il ?

Light frémit de peur, de dégoût, ou d'autre chose encore ? Même lui ne le sut pas. Toujours en était-il qu'il sentait, lentement mais sûrement, la colère qu'il retenait depuis son réveil battre à ses tempes.

Un sommeil réparateur et bienséant... Etait-ce trop demander ? De toute évidence, oui, songea l'adolescent. Il était évident aux yeux de tous sur cette Terre, que lui, Light Yagami, ne pouvait passer ne serait-ce qu'une seule nuit sans qu'un énergumène insomniaque ne vienne le tirer de son sommeil pour l'accuser une énième fois de crimes dont il n'était pas coupable !

- Comment oses-tu me comparer à Kira, murmura l'amnésique.

Il ne savait par quel miracle sa voix n'oscillait sous aucun tremblement. Serrant le poing, il continua tant bien que mal. Leur habituel jeu de suspicion n'avait ici plus lieu d'être. Pour jouer, il fallait être deux...

- Tu ne te rends pas compte que... !

L le coupa sans ménagement :

- Nous avons déjà prouvé que Kira est un adolescent très intelligent, qui avait un lien avec la police, comme par exemple, un lien familial. Il agit en fonction de pulsions et d'idéaux erronés provenant d'une grande immaturité.

Alors qu'il faisait son maximum pour ne pas laisser éclater sa hargne, Light se demanda comment il était possible d'autant haïr la voix d'une personne.

- Mais en vérité, il a peur. Son instinct, que je qualifierai d'animal, le guide grâce à la colère et la violence qui sont à même de combattre son effroi du monde. En d'autres termes, il s'agit d'un lâche.

Et tu es un lâche, Light.

A cet instant, les digues raisonnables de l'étudiant s'écroulèrent en un grand fracas de colère. Les vagues de haine submergèrent l'esprit de celui-ci.

En totale contradiction avec l'état d'excitation dans lequel il était plongé, Light relâcha lentement la tension qui saillait dans son bras droit. Il fit craquer ses doigts, puis abattit son poing sur le visage de son détenteur. Il y avait mis toute sa rage et espérait que cela suffirait au détective pour qu'il comprenne que son temps de sommeil était sacré.

Sans jeter le moindre coup d'oeil à L, Light se recoucha. Sa cage thoracique se souleva plusieurs fois, puis, estimant qu'il s'était calmé, l'adolescent s'abandonna à la fatigue musculaire. Et sans entendre le vague chuchotement de celui à qui il était enchaîné, alors même qu'il glissait sur les pentes d'un sommeil salvateur, une pensée traversa son esprit, l'espace d'une seconde :

" L va-t-il me détester maintenant ? " "

Le tonnerre, particulièrement bruyant, sortit Light de ses songes. Il papillonna des yeux et se tourna vers la baie vitrée faisant office de mur à sa chambre. Au souvenir de la pensée qu'il avait eue, le garçon aux cheveux cuivrés sentit une bouffée d'orgueil, qui tentait de camoufler sa honte, l'envahir.

En vérité, Light s'adorait.

Il ignorait lui-même comment un être aussi parfait avait pu voir le jour. Dès sa naissance, il avait été traité comme la huitième merveille du monde. Sa beauté naturelle et sa rare intelligence n'ayant fait que développer exponentiellement cette survalorisation malsaine.

Light était fier. Bien trop fier. Ce que les gens normaux nommeraient « fierté mal placée », il l'appelait fausse modestie.

Light était intelligent. Et il le savait. On le lui avait suffisamment répété pour que cela imprègne son esprit.

Light était faible. Bien plus émotionnellement que mentalement. Il s'illusionnait derrière son ressentiment dans la peur de souffrir de l'inconnu.

Light avait grandi dans un environnement où tout semblait rose et positif. Mais au fur et à mesure de sa croissance, les choses changèrent. L'amour que sa famille lui portait changea, sans qu'il trouve une explication valable. Il ne sut d'ailleurs pas la manière dont cela avait été fait, mais une chose était sûre : du jour au lendemain, tout avait basculé, pour le meilleur, ou pour le pire. Avant qu'ils aient pu s'en rendre compte, les membres de la famille Yagami éprouvèrent de la crainte envers leur fils, une peur de ses trop grandes capacités, une jalousie ?

Horrifiés par cette perspective, ils tentèrent de dissimuler cette crainte sous leur amour, mais dès à présent qu'ils avaient basculé du mauvais côté de la médaille, le chemin du retour serait bien plus ardu que celui de l'aller...

Ils trouvèrent alors une parade à leur peur... L'admiration. Une admiration résignée.

Ils continuèrent néanmoins leur jeu de la famille parfaite, au point qu'ils s'y perdirent eux-mêmes. Leur routine s'était muée en une comédie quotidienne, dont ils ne se souvenaient plus être les acteurs. Le père, justicier et protecteur ; la mère, aimante et pleine d'empathie ; la fille, pétillante et adorable ; le fils, mature et excellent élève.

Ils avaient tout entre leurs mains, et étaient tout bonnement incapable de s'en servir correctement.

Plus le temps passait, plus la famille Yagami se mettait à considérer comme normal que leurs liens, à l'apparence si indestructibles, soient si superficiels. Ils s'étaient laissés prendre à leur propre jeu. A vouloir tromper les personnes les entourant, ils avaient finis par se tromper eux-mêmes...

Peu à peu, Light releva les similitudes entre ses camardes de classe et sa famille. Leurs yeux. Ils le fixaient avec le même sentiment. Bien que leur bouche prolifère des mensonges différents, leur regard lui transmettait le même sentiment inconfortable. Quel pouvait donc bien être le nom de ce sentiment ? ...

" Le mal que nous faisons ne nous attire pas tant de persécution et de haine que nos bonnes qualités."

Light était la preuve même de l'exactitude de ce proverbe. Les personnes l'approchant n'avaient que leur propre intérêt en tête. Seules les filles semblaient être l'exception, et encore. Certaines n'avaient en tête que l'ambition de sortir avec un beau gosse pour impressionner leurs amies et attiser leur jalousie. Vaines actions d'humaines puériles cherchant un bonheur inaccessible. L'adolescent reconnaissait à présent les traits extérieurs de la comédie. Plus jeune, il avait subi nombre de tentatives de ridiculisation, souvent précédées d'une approche pseudo-amicale. Après tout, il était toujours agréable de se sentir supérieur aux autres.

Tout n'était que comédie.

Et la seule manière d'y échapper consistait à être trouvé par l'amour. Or, le cœur de Light en était vide. Celui qu'on avait consenti à lui donner s'étant évaporé bien trop rapidement. Light recherchait l'amour. Malheureusement pour lui, il ne s'agissait pas d'une chose matérielle sur laquelle on tombait facilement. Il arrivait toujours quand on l'attendait le moins. Grand paradoxe universel.

Celui dont il se para n'était que facétie. L'amour qu'il se donna. L'amour que les autres se refusaient à lui donner.

Le monde entier n'était que mensonge et faux semblants. S'il trouvait la vérité cachée derrière celui-ci, il serait L'homme qui changerait le monde et cesserait enfin de vivre dans une obscurité camouflée par la lumière. Car Light en avait assez d'évoluer dans cette pièce de théâtre dont il ne se souvenait pas avoir accepté d'en être l'acteur.

Il voulait le véritable bonheur. La vérité. Celle-ci finit par tomber du ciel. Juste devant lui. Le seul capable de se servir correctement de ce fantastique pouvoir. Cette arme de destruction massive l'avait choisi.

Death Note. Le cahier de la mort. Le cahier d'un dieu. Le cahier de Light.

L'égocentrisme le gagna peu à peu. Un trop grand pouvoir entraîne toujours trop de griserie, et pour ceux qui ne sont pas aptes à la supporter, elle se mue en folie. Un dieu se devait de rendre les citoyens de son monde heureux. Tout ce que Kira faisait, tout ce qu'il accomplissait, c'était pour les autres. Il n'agissait que pour le bien de ce monde de comédie.

Faux semblant supplémentaire.

En vérité, Light n'utilisait le cahier que dans son intérêt personnel. Il était avant tout un être humain avant d'être le possesseur d'un Death Note. Le monde était mauvais et ennuyeux s'il le modifiait, l'étrange sentiment qui lui oppressait la poitrine un peu plus chaque jour disparaîtrait. Si tout ce jeu d'acteur cessait…

S'il voyait les authentiques visages des personnes qui l'entouraient.

S'il dénichait quelqu'un comme lui, qui serait à même de le comprendre, de partager ses centres d'intérêt, ses peines aussi.

S'il trouvait la personne pouvant lui apporter cet amour qu'il cherchait si ardemment…

Light était l'instrument même de son aveuglement. Seul son subconscient occultait, volontairement ou non, la source de son mal être… La solitude.

Il n'était qu'un adolescent en quête de bonheur. Un fou obsédé par la vérité.

Le tueur en série avait essayé de se réfugier dans cette comédie dont tout le monde semblait si bien s'accommoder, mais n'y était pas arrivé. Il n'avait alors eu pas d'autre choix que de briser la routine qui enfermait ce monde, d'éliminer les nuisibles, les personnes qui ne lui correspondaient pas, pour créer un univers à son image, où ses habitants pourraient enfin être heureux. Où il sera heureux. Malheureusement pour lui, raisonner de manière destructrice n'avait jamais mené nulle part. Il ne faisait que se conduire lui-même à l'échafaud. Pas à pas.

Une personne fut assez téméraire pour se mesurer à lui. Une personne, qui malgré les apparences, possédait la capacité de le sauver des abysses dans lesquelles il s'était plongé.

Il ne s'en était pas rendu compte. Il n'avait pas réalisé que ce dont il avait tant besoin stagnait jour après jour devant ses yeux. Une personne qui briserait la solitude à laquelle il était enchaîné. Néanmoins, tout aveugle qu'il était, Light était sur le point d'éliminer cette personne, qui aurait pu lui apporter le bonheur qu'il prônait tant.


Alors qu'en avez-vous pensé ? Bonne, mauvaise, meilleure interprétation de Light ?

Avant de vous quitter, j'aimerais apporter quelques précisions sur la structure que j'essayais de respecter. Premièrement, comme vous l'aurez tous remarqué, le souvenir commun dont L et Light se souviennent est le point de jonction des deux chapitres. La partie précédant ce songe est une description de l'état des protagonistes, aussi bien dans un chapitre que l'autre. Remarquez l'analogie que j'ai faite entre les premières phrases et la dernière phrase de cette partie. Pour L, j'ai parlé de la pluie, à laquelle je l'associe, tandis que pour Light, j'ai préféré les éclairs.

Ensuite, concernant la partie suivant le souvenir, nous avons déjà le paradoxe : L se haïssait ; Light s'adorait. Que j'ai opposé approximativement au même endroit dans les deux chapitres. Puis, minuscule description de la psychologie de base des personnages, et trois phrases distinctes, présentes dans les deux chapitres. La seule différence est le sujet de ces phrases. Car sur le plan extérieur, L et Light sont opposés, mais sur le plan intérieur, cette opposition se transforme en deux personnes semblables en tout point. Pour terminer, la fin des deux chapitres raconte seulement dans les grands axes la vie des deux persos, et comment ils en sont arrivés à aujourd'hui.

Voilà la structure que j'ai tant bien que mal essayé de suivre, je voulais juste lier les deux parties de ma fanfic aussi profondément que possible. Si vous avez eu le courage de lire tous ces trucs inutiles, je vous félicite :D je voulais simplement que vous voyiez tout ce à quoi j'ai dû réfléchir pour écrire cette minuscule histoire. Comme quoi... J'aurais pu faire bien plus de choses pour que ces chapitres soient parfaitement complémentaires, mais cela m'aurait encore pris plus de temps, et cela aurait été très difficile à faire. Car ce n'est pas tout de réécrire approximativement les mêmes phrases au même endroit, il faut encore les lier au contexte, bref, un cauchemar ! XD

En tout cas, j'ai tout de même pris un immense plaisir à écrire tout ça, c'était plus le coup de mon inspiration qu'autre chose, merci à tous ceux qui auront pris le temps de me lire ! :D